Très vite, elle décide de passer de l’autre côté et de devenir, à son tour, bénévole, rejoignant ainsi les 159 volontaires de l’association, fondée en 1957. Elle intègre les ateliers bricolages organisés à quelques minutes de chez elle. « J’avais déjà quelques notions, mais je me suis perfectionnée grâce à cela », note-t-elle.
Un parcours qui l’amène à nouveau à participer à des chantiers participatifs, mais cette fois-ci dans les maisons des autres. « Chez une dame, récemment, nous avons construit des tabourets avec du matériel qu’elle avait chez elle, peint ses murs, poncé du bois et façonné un plan de travail… », raconte-t-elle. Chaque chantier est dirigé par un professionnel du bâtiment employé de l’association, afin de mener les tâches les plus complexes et coordonner l’équipe. Les opérations peuvent durer une journée ou deux, selon la disponibilité des bénévoles. Animée par « l’envie d’apprendre », Bertille Mano s’engage surtout pour rendre la pareille. « Ça n’a pas de prix de voir des personnes s’épanouir dans leur environnement. »
Pour l’instant, Bertille n’a pas encore participé à des travaux de rénovation d’ampleur, mais les Compagnons Bâtisseurs interviennent souvent sur des problématiques de rénovation énergétique, de plomberie et d’installation sanitaire par exemple. Un enjeu prioritaire, alors que plus de 5,6 millions de ménages, soit plus de 12 millions de personnes, ont reconnu souffrir de précarité énergétique l’année dernière, selon la Fondation pour le Logement des défavorisés (ex Abbé-Pierre).
En France, 12,5 millions de personnes sont engagées dans une association au moins, selon le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative. Bertille Mano est fière d’en faire partie, mais elle est aussi reconnaissante d’avoir ouvert ses portes aux Compagnons Bâtisseurs. Malgré le nombre de personnes concernées par le mal-logement autour d’elle, elle s’étonne toujours du peu de demandes qui parviennent jusqu’à l’association. « De nombreuses personnes restent dans leur situation, car ils partent du principe que ce type d’aide n’existe pas, que c’est une arnaque, ou alors parce qu’ils ont honte. Beaucoup pensent qu’ils n’ont le droit à rien », regrette-t-elle. Chaque année, la branche « Nouvelle-Aquitaine » des Compagnons accueille 25 nouveaux bénévoles. De Bordeaux à Périgueux en passant par Pau, Agen ou Mont-de-Marsan, les portes sont grandes ouvertes à celles et ceux qui, comme Bertille, sont prêts à s’engager dans la solidarité, l’entraide et la convivialité.