Mobilité

Tout ce qu’il faut savoir sur l’installation de bornes de recharge en copropriété

Vous projetez d’avoir un véhicule électrique et vous vivez en copropriété ? Installer une borne de recharge dans un immeuble collectif est alors primordial. Des solutions existent, accessibles et de plus en plus répandues.

Tout ce qu’il faut savoir sur l’installation de bornes de recharge en copropriété

La transition vers la mobilité électrique s’accélère en France. Le nombre de véhicules électriques dépasse désormais le million et double lorsque l’on inclut les hybrides rechargeables. Dans le même temps, près d’un Français sur trois vivait en immeuble collectif en 2024, selon les données de l’INSEE. La question des bornes de recharge en copropriété devient donc incontournable.

Aujourd’hui, 86 % des particuliers rechargent leur véhicule principalement à domicile selon un rapport Enedis. Un usage plus fréquent des bornes ouvertes au public est toutefois constaté pour les personnes vivant en immeuble. En effet,  33 % des résidents y rechargent leur véhicule chaque semaine, contre 12 % pour l’ensemble des particuliers. Parkings de supermarchés, d’entreprises ou bornes sur voirie viennent ainsi compléter la recharge à domicile, sans pouvoir s’y substituer totalement. Disposer d’une solution de recharge dans son immeuble reste donc un facteur déterminant pour envisager sereinement l’acquisition d’un véhicule électrique ou hybride.

Que vous soyez copropriétaire ou locataire, des solutions existent. Mais que choisir entre installation individuelle et collective ? Quels sont vos droits ? Et quelles sont les difficultés à anticiper ? Découvrez notre guide pour éclairer vos choix et avancer en toute serennité.

Comment faire installer une borne de recharge en copropriété ?

En résidence collective, deux options s’offrent à vous pour recharger votre véhicule sur votre place de stationnement.

La première repose sur une démarche individuelle, via le droit à la prise.

La seconde consiste à déployer une infrastructure collective de recharge, décidée en assemblée générale.

La solution collective est généralement la plus cohérente et la plus rentable à long terme. Elle permet de mutualiser les coûts, d’anticiper l’arrivée progressive de nouveaux véhicules électriques et d’éviter la multiplication de travaux successifs dans le parking. En contrepartie, elle suppose une concertation entre copropriétaires et des délais de décision parfois plus longs.

Aujourd’hui, quelque 30 000 copropriétés seulement sont équipées de bornes de recharge. Ce retard s’explique par une méconnaissance du cadre légal, la complexité perçue des travaux, le coût initial et les cycles de décision propres aux assemblées générales. Pourtant, les règles sont désormais claires et les solutions techniques largement éprouvées.

Deux solutions collectives possibles

De nombreux opérateurs spécialisés proposent aujourd’hui des solutions « clé en main ». Après la création d’un point de livraison par Enedis, l’opérateur installe une infrastructure collective de recharge, puis pose et entretient les bornes individuelles. Chaque résident intéressé souscrit ensuite un abonnement ou un droit de connexion. La copropriété bénéficie dans ce cas d’une solution simple, avec un interlocuteur unique.

La seconde option est une solution publique, baptisée réseau électrique auto. Enedis installe le réseau public de distribution d’électricité dans le parking de l’immeuble. Les résidents intéressés peuvent ensuite demander une dérivation individuelle jusqu’à leur place, avec l’installation d’un compteur Linky, puis faire poser une prise renforcée ou une borne par l’électricien agréé de leur choix et souscrire un contrat d’électricité individuel.

Une solution  intéressante dans le cas où les copropriétaires ne souhaitent pas tous s’engager auprès du même opérateur.

Des dispositifs financiers très avantageux 

Le coût restant le nerf de la guerre plusieurs dispositifs existent pour accompagner les copropriétés. Le programme Advenir, doté d’un budget conséquent de 520 millions d’euros, finance ainsi jusqu’à 40 % du coût total des infrastructures collectives et des bornes individuelles. Pour profiter des aides avantageuses de ce dispositif, dont l’échéance est fixée à 2027, il reste recommandé d’anticiper les délais et d’engager la concertation au sein de la copropriété au plus tôt. Initialement prévu pour s’arrêter fin 2025, le programme a déjà été prolongé, et une nouvelle reconduction au-delà de 2027 pourrait apparaître cohérente au regard de la poursuite de l’électrification du parc automobile. À ce stade toutefois, aucune annonce officielle n’a été faite en ce sens : mieux vaut donc saisir ces opportunités tant qu’elles existent.

Des aides locales ou régionales peuvent également compléter ce financement, selon les territoires.

La loi Climat et Résilience de 2021 a par ailleurs introduit le préfinancement intégral de l’installation, permettant aux opérateurs privés ou aux gestionnaires de réseau public d’avancer les frais d’installation. Seuls les utilisateurs finaux remboursent ensuite les coûts engagés. Depuis juin 2023, Enedis peut désormais lui aussi préfinancer l’intégralité des travaux. Pour la copropriété, le reste à charge est nul.

Notez enfin que pour pouvoir bénéficier du préfinancement dans la prise en charge des coûts d’installation, et de la prime finançant jusqu’à 40 % du coût d’installation, il est impératif que l’opérateur spécialisé dans l’installation et l’entretien des bornes de recharge soit agréé Advenir.

Quelles sont les démarches ?

En tant que particulier propriétaire, vous devez faire votre demande au syndic de copropriété qui s’occupera des démarches. Celui-ci commencera par recenser les besoins des propriétaires, solliciter des devis et comparer les solutions existantes. Cette phase préparatoire peut durer plusieurs mois. La mise en place d’une infrastructure collective doit être ensuite votée à la majorité en Assemblée Générale.

Si aucun accord n’est trouvé avec l’assemblée des copropriétaires, le droit à la prise garantit à tout copropriétaire ou locataire la possibilité de faire installer, à ses frais, une borne ou une prise renforcée sur sa place de parking. La démarche est encadrée : il suffit d’informer le syndic et de fournir un dossier technique conforme.

En tant que locataire, vous avez aussi le droit d’installer une borne de recharge à vos frais si votre propriétaire ne souhaite pas la prendre en charge. L’installation doit bien sûr respecter les normes en vigueur. Il vous faut alors en informer le bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception, et le conseil syndical qui inscrira les travaux à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Même si la demande n’est pas soumise au vote, elle doit être argumentée et les travaux doivent être précisément détaillés dans un dossier technique.

Au total, un projet de borne de recharge en copropriété s’inscrit généralement dans un calendrier de douze à dix‑huit mois, depuis les premières démarches jusqu’à la mise en service. 

En bref

Installer des bornes de recharge en copropriété est aujourd’hui une démarche accessible, encadrée par la loi et soutenue par des aides financières. Qu’il s’agisse d’une solution individuelle ou collective, l’essentiel est d’anticiper, de dialoguer avec le syndic et de s’appuyer sur des professionnels qualifiés. À cette condition, la recharge électrique devient un véritable atout pour la copropriété, tant en termes de confort que de valorisation du patrimoine foncier.

Les aides du programme Advenir sont aujourd’hui garanties jusqu’en 2027. Une nouvelle prolongation n’est pas à exclure, mais rien n’est officiellement acté. En attendant, mieux vaut lancer le projet maintenant et explorer les possibilités… plutôt que de le regretter plus tard.

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Mag : La France électrique

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