Mesurer pour agir
Courbes de charge, factures, horaires d’occupation ou températures permettent déjà d’identifier des dérives et de hiérarchiser les actions. L’intelligence artificielle peut ensuite automatiser une partie des arbitrages à partir des usages réels du bâtiment.
Pour Grégoire Morineaux, Directeur Stratégie, Innovation, ESG et Achats de Rexel France, cette évolution traduit aussi un changement de dynamique : « Nous avons longtemps raisonné dans un contexte où l’énergie était relativement peu chère et où la consommation restait un sujet secondaire. Ce cadre a changé. Aujourd’hui, avant même de parler d’intelligence artificielle ou d’automatisation, il faut savoir précisément ce que l’on consomme, à quel moment et pourquoi. C’est cette connaissance qui permet ensuite de décider où investir et de mesurer si l’investissement produit réellement les résultats attendus. »
Rexel a d’abord appliqué cette logique à son propre parc de 500 sites en France, essentiellement composé d’agences de moins de 1 000 m². Cette démarche a permis de réduire la consommation d’énergie d’environ 30 % en quatre ans et de générer 10 millions d’euros d’économies.
Chez les clients, les premiers résultats illustrent le potentiel. Dans la région de Chartres, un hôtelier a réduit sa facture énergétique de 15 % en six mois grâce à une solution complète de mesure Schneider Electric, déployée par le réseau local Rexel. Un propriétaire de plus de 40 centres logistiques a, de son côté, choisi un système de pilotage homogène de son parc afin de préparer l’électrification de ses sites.« Les économies peuvent atteindre jusqu’à 30 %, selon la situation de départ du bâtiment », précise Luis Liberal.
Des gains qui ne sont pas réservés aux grands ensembles tertiaires. « Une GTB – gestion technique du bâtiment – peut représenter 20 000 euros d’investissement, être installée en une journée environ et amortie en deux à trois ans », souligne Grégoire Morineaux.
Transformer la donnée en choix d’investissement
La donnée permet alors de comparer les gisements d’économies, d’établir des priorités et de concentrer les investissements sur les actions les plus pertinentes.
C’est sur ce terrain que se joue la complémentarité entre Schneider Electric et Rexel. Schneider Electric apporte des technologies de mesure et de pilotage interopérables, cybersécurisées et évolutives. Rexel les inscrit dans une trajectoire de performance, en partant du besoin du client, de ses contraintes et du retour attendu.
La réglementation accélère le mouvement – décrets tertiaire et BACS –, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à déclencher l’investissement : les entreprises ont besoin de relier chaque action à un coût, un calendrier et un résultat mesurable.
Avec OPEN, son offre d’optimisation des performances énergétiques, Rexel structure cette démarche du diagnostic à la mesure des résultats. La GTB peut ainsi être mise en perspective avec d’autres leviers, comme le photovoltaïque ou l’évolution des équipements, selon leur coût et leur retour sur investissement.
Vers des bâtiments capables d’arbitrer leurs usages
À mesure que les bâtiments produisent, stockent et consomment davantage d’électricité, leur gestion va encore se complexifier. Luis Liberal anticipe des systèmes capables de décaler automatiquement certains usages vers les périodes où l’électricité est moins chère ou moins carbonée. Grégoire Morineaux imagine de son côté un marché où l’occupant ne programmerait plus chaque équipement : il fixerait un objectif et laisserait le système arbitrer.
Le pilotage énergétique change ainsi de dimension. Il ne s’agit plus seulement de réduire une facture, mais de mieux maîtriser un actif appelé à devenir plus électrique, plus connecté et plus flexible.