L’EPR, continuité bien plus que rupture
Ce démarrage est un véritable événement mondial. L’EPR de Flamanville n’est que le quatrième réacteur dit de « troisième génération » à entrer en service après ceux de Taishan en Chine et celui d’Olkiluoto devenu opérationnel l’année dernière en Finlande. La portée nationale de l’événement n’est pas moins conséquente. Aucun réacteur nucléaire n’est entré en service en France depuis celui de Civaux 2 (Vienne) en 1999. Celui-ci correspondait à la dernière tranche du plan Messmer, lancé en 1974 au lendemain du choc pétrolier et qui avait achevé de faire entrer la France dans l’ère du « tout-nucléaire » pour sa production nationale d’électricité. Entre 1977 et 1999, ce sont pas moins de 58 réacteurs qui sont ainsi entrés en service sur le territoire.
Doté d’une puissance électrique nette de près de 1600 MWe, l’EPR, abréviation de European pressurized reactor (réacteur pressurisé européen) ne représente pas à proprement parler une rupture technologique. Il s’agit au contraire d’un modèle dit « évolutionnaire ». Comme le relate l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), l’EPR est « une évolution des réacteurs à eau sous pression » actuels avec « l’objectif d’améliorer sensiblement la sûreté et la protection des travailleurs contre les rayonnements ionisants, avec en particulier la prise en compte, dès la conception, du risque d’accident avec fusion du coeur du réacteur ».