Faire le point sur l’autonomie… réelle
Sur le papier, votre voiture électrique affiche 400, 500, voire 600 km d’autonomie. Dans la vraie vie ? Comptez souvent bien moins. En particulier sur autoroute, où la vitesse, le vent, le dénivelé et la climatisation grignotent vos kilomètres bien plus vite que vous ne le pensez. En effet, l’autonomie réelle sur autoroute peut chuter de 30 à 40 % par rapport au cycle WLTP (Worldwide harmonised Light vehicles Test Procedure ou procédure d’essai mondiale harmonisée pour les véhicules légers). À 130 km/h, vous consommerez parfois plus de 22 kWh/100 km, soit presque le double d’une conduite urbaine ou mixte.
Loin d’être un frein, cette variabilité invite à mieux connaître son véhicule.
D’où l’importance de réaliser quelques trajets tests de 100 à 150 km dans des conditions similaires à celles du futur voyage. Ces essais permettent de connaître la consommation réelle du véhicule, sa vitesse de recharge, et d’apprendre à raisonner en kilomètres restants plutôt qu’en pourcentage de batterie.
Planifier son itinéraire avec les bons outils
En France, au 31 mai, on comptait près de 170 000 points de charge accessibles au public, selon le baromètre de l’Avere-France et du ministère de la Transition écologique. Ce qui fait du réseau français le 3e plus grand d’Europe derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. La clé d’un voyage serein en véhicule électrique réside dans la planification, et heureusement, plusieurs applications facilitent désormais la tâche.
Les applications comme A Better Route Planner (ABRP) ou Chargemap sont devenues les meilleurs copilotes des électromobilistes. L’une peut simuler votre trajet selon le modèle de voiture, le relief, la météo, l’état de charge, et même votre style de conduite. L’autre propose une cartographie exhaustive de plus de 500 000 points de charge en Europe avec les avis d’utilisateurs et les puissances disponibles en temps réel.
Reste que les bornes rapides ne sont pas toutes fiables : certaines ne fonctionnent pas, d’autres sont occupées, et il arrive qu’on doive attendre 30 minutes qu’un autre véhicule libère la prise. Première règle d’or : ne jamais compter sur une seule borne. Mieux vaut toujours avoir identifié une solution de secours à moins de 15 km, et éviter de descendre sous 20 % de batterie sans solution de recharge fiable en vue.
Recharger… et se ressourcer
À l’heure actuelle, il faut entre 20 et 40 minutes pour recharger une batterie de 20 à 80 % sur borne rapide. Contrairement à un plein d’essence, ce temps peut être perçu comme une contrainte, mais il devient vite une opportunité : celle de faire une vraie pause, de se détendre, de découvrir les environs.
Sur les grands axes, de nombreux opérateurs installent désormais leurs bornes près de cafés, boulangeries, aires de pique-nique, ou même de sentiers de promenade. Le temps de recharge devient alors celui d’un déjeuner, d’une balade ou d’une sieste.
D’où l’intérêt de regarder ce qui se trouve autour des bornes. Certains conducteurs planifient même leurs pauses pour découvrir un petit village, un marché ou un point de vue. Sans compter que la recharge impose des pauses toutes les deux heures environ — une habitude que la sécurité routière recommande par ailleurs.