Le coup d’envoi à été lancé ce lundi 10 novembre. À Belém, dans le Nord du Brésil, a démarré le plus grand rendez-vous mondial annuel de diplomatie environnementale : la COP30. Jusqu’au 21 novembre, voire plus en cas de prolongations, près de 200 pays sont donc réunis dans le cadre de la 30e session de la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC), qui faisait suite au premier rapport du GIEC paru en 1990. Un retour aux sources puisque c’est en terres brésiliennes, lors du Sommet de la Terre de Rio-de-Janeiro en 1992, qu’avait été adopté le texte.
Depuis, ce sont donc 30 conférences de parties qui se sont succédé, depuis la première à Berlin en 1995 en passant bien sûr par Kyoto en 1997 où fut signé le célèbre Protocole du même nom et bien sûr par Paris en 2015, année où les parties prenantes ont réaffirmé l’objectif climatique de maintenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C ». Derrière ces indicateurs de hausse de température, se cache la nécessité pour le monde, en particulier les pays anciennement industrialisés et les plus pollueurs, de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre.
La COP30 dans un contexte mondial peu favorable à l’action climatique
Pour réduire significativement ces émissions – plus de 2 500 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2) depuis la période préindustrielle -, la seule voie consiste à se sevrer rapidement du pétrole, du gaz et du charbon, les fameuses énergies fossiles dont la combustion est responsable du changement climatique. Le but principal de la COP30, et de toutes les conférences des parties qui l’ont précédée, est précisément d’accélérer l’action climatique au niveau mondial et de favoriser la transition énergétique qui consiste principalement à substituer l’utilisation de pétrole, de gaz et de charbon par des énergies bas-carbones.
Si la course vers un monde décarboné est lancée depuis plusieurs décennies maintenant, elle progresse aujourd’hui à un rythme très insuffisant pour espérer respecter l’objectif de l’Accord de Paris. En France, comme le pointe le Haut Conseil pour le Climat, le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre est même en train de ralentir. Quant aux Etats-Unis, deuxième pollueur mondial actuel et premier pollueur historique, la baisse est devenue quasi-nulle en 2024 et il est peu probable qu’elle rebondisse sous la présidence de Donald Trump, hostile à l’action climatique et défenseur assumé des énergies fossiles. Du point de vue de la diplomatie environnementale, les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, défendent ainsi des positions désormais alignées avec les pétro-monarchies.