- Transition énergétique
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Le média
de l’électrification
Face au nouveau plan d’électrification, Thomas Moreau, Président de Rexel France, rappelle une évidence : sans électriciens, pas de transition. Il détaille trois conditions clés pour accompagner et revaloriser ce métier d’avenir, véritable pilier sur le terrain.
Le gouvernement a récemment dévoilé un plan ambitieux pour accélérer l’électrification de la France. Il faut saluer une stratégie qui prend enfin la pleine mesure de l’enjeu : l’électricité constitue désormais l’un des piliers de notre souveraineté énergétique et de notre transition climatique. Mais une question demeure, presque naturellement : et les électriciens dans tout cela ?
La profession mérite de figurer en bonne place dans ce plan, tant son rôle est décisif pour parachever la bascule vers de nouveaux usages. Sur le terrain, ils sont des traducteurs d’électrification à toutes les échelles : ils rendent possibles l’appropriation de nouveaux usages par les ménages, par les entreprises, par les collectivités. Les associer pleinement à cette dynamique suppose de réunir au moins trois conditions essentielles.
D’abord, accompagner la mutation du métier. L’électricien d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier et encore moins celui de demain : est déjà devenu un véritable intégrateur, capable d’assembler, paramétrer et faire dialoguer des systèmes de plus en plus complexes. Là où il installait des équipements standards, il doit désormais maîtriser des technologies de programmation pour installer des systèmes de domotique ou de gestion technique du bâtiment (GTB) par exemple. Il doit désormais arbitrer de la meilleure technologie de « relamping » ou de production d’électricité pour optimiser la consommation énergétique des bâtiments. Il doit savoir opérer sur une borne de recharge pour véhicule électrique, travail éminemment complexe.
Et l’électricien de demain ? Il sera, en plus, expert de la connectivité, utilisateur de l’intelligence artificielle, conseiller financier et humain éclairé, capable d’installer des solutions sur-mesure pour chaque client, selon chaque usage. Dans ce contexte, la formation continue n’est plus une option mais une condition indispensable, pour rester aux avant-postes de la transition énergétique.
Ensuite, renforcer l’attractivité du métier. Car derrière des représentations encore trop souvent datées se cache une réalité bien différente : celle d’un métier hautement technique, exigeant et en tension. L’électricien d’aujourd’hui mobilise des compétences rares, à la croisée des réseaux électriques, du numérique, de la data et des technologies embarquées : des savoir-faire qui seront de plus en plus recherchés à mesure que l’électrification s’accélère. Cette expertise, difficilement substituable, fait de la profession un maillon indispensable de la transition. Mieux informer et valoriser ces métiers d’avenir auprès des jeunes est donc essentiel.
Enfin, il est indispensable d’améliorer la lisibilité des dispositifs existants. À la complexité technologique s’ajoute en effet celle des normes et des certifications, masse d’informations que les électriciens doivent ingérer : courant fort, courant faible, RGE, et autres joyeux acronymes. À cela s’ajoute une instabilité des dispositifs de soutien, parfois difficiles à anticiper ou à mobiliser.
Dans le grand maelström des aides à la conversion vers l’électrique, l’électricien doit en effet pouvoir être éclairé, accompagné, conseillé comme il se doit. Garantir aux professionnels une meilleure lisibilité des règles, une stabilité des aides dans le temps et des conditions d’exercice simplifiées constitue dès lors un levier décisif.
Car notre conversion collective à l’électrique ne se décrète pas : elle se construit, au quotidien, sur le terrain, avec des électriciens qui sont les meilleurs avocats de l’électrification. Nous avons les moyens pour le faire, car la France est un pays singulier en la matière. Les technologies sont là, elles sont matures et éprouvées. Sa filière électrique, de l’énergéticien à l’installateur en passant par le distributeur et le fournisseur, n’a pas d’équivalent dans le monde.
Mais cela suppose de renforcer le pilotage opérationnel et de donner aux acteurs de terrain les moyens d’agir dans un cadre plus lisible et plus stable. Cela implique aussi de garantir un déploiement partout sur le territoire, y compris dans les zones les plus diffuses ou les plus complexes à équiper, en s’appuyant sur des professionnels qui assurent au quotidien une présence et une fiabilité indispensables.
Par Thomas Moreau, Président de Rexel France
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