Et pour cause. Selon l’ADEME, 1 °C de chauffage en moins correspond à 7 % d’économie d’énergie. De quoi limiter les risques de tension sur le réseau électrique et… soulager les factures. En moyenne, le chauffage représente plus de la moitié des consommations énergétiques d’un logement, voire jusqu’à 66 % pour le chauffage électrique dans un logement tout électrique. D’après l’ADEME, une maison présente une consommation moyenne de chauffage électrique de 4 312 kWh par an. Parmi ses préconisations, l’agence recommande notamment de fermer les volets la nuit pour limiter les déperditions thermiques, d’aérer son logement pour rendre l’air plus sec et plus facile à chauffer, ou encore, pour ceux qui le peuvent, d’installer des panneaux solaires en autoconsommation. En dehors du chauffage, les gestes les plus efficaces pour économiser de l’énergie dans un logement consistent par exemple à maîtriser sa consommation d’eau chaude et à optimiser le fonctionnement des appareils ménagers les plus énergivores. « Il ne faut pas sous-estimer l’enjeu des changements de pratique individuels, mais l’enjeu principal réside bien dans notre organisation collective. Avant d’être une injonction pour les individus, la sobriété doit être un objectif pour les entreprises et les pouvoirs publics », remarque M. Jolivet. Il met également en garde contre « la sobriété subie », qui désigne le fait de réduire ses consommations en raison d’un pouvoir d’achat contraint. De fait, si une partie plus aisée de la population a pu volontairement réduire sa consommation de chauffage, de nombreux ménages n’ont pas les moyens d’y recourir. Selon la Fondation Abbé Pierre, 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique en France. En novembre 2023, 25 % des Français déclaraient ainsi souffrir du froid chez eux, contre 18 % avant la dernière crise énergétique. « Auprès de ces ménages, et de manière compréhensible, le message de la sobriété apparaît donc comme décalé. L’enjeu de permettre à chacun de se chauffer et de vivre dignement ne doit pas être oublié », conclut Patrick Jolivet.