C’est un des grands enjeux des décennies à venir, qui fait pourtant peu de bruit. En 2050, la France pourrait compter 20 millions de seniors, soit un quart de la population, dont 2,8 millions en perte d’autonomie. Ce vieillissement accéléré de la société française appelle une transformation profonde des dispositifs de prise en charge des personnes âgées, à l’heure où les budgets se resserrent et où les établissements spécialisés sont dans la tourmente. Il devient d’autant plus urgent de trouver de nouvelles solutions que 85% des Français souhaitent vieillir à domicile .
Un nombre croissant de produits et de services dédiés aux personnes de plus de soixante ans se développe ces dernières années ; avec ses solutions de maintien à domicile, Rexel participe à cet essor de la « silver économie » pour encourager les seniors à adapter leur logement le plus tôt possible.
Un élan à accélérer
Avec le dispositif MaPrimeAdapt’ déployé en 2024, le gouvernement français entend mettre un coup de projecteur sur les solutions de maintien à domicile pour « sensibiliser la population française et accélérer l’adaptation des logements », résume Fabienne L’Haridon, Category Manager chez Rexel. « Nous savons qu’il n’y aura pas assez d’EHPAD et de structures pour accueillir tous les seniors », renchérit Jean-Christophe Villette, « d’où l’importance d’accompagner les citoyens dans l’équipement de leur logement. » L’objectif de départ était ambitieux : 250 000 logements adaptés en cinq ans, dont 45 000 unités dès l’année 2024. « Depuis 2020, seuls 137 595 logements ont été adaptés à la perte d’autonomie en France, soit seulement 55 % de l’objectif », explique Fabienne L’Haridon. L’instabilité budgétaire ne facilite pas la généralisation du dispositif, alors que l’aide jumelle MaPrimeRénov’, dédiée à la rénovation énergétique des logements, vient d’être à nouveau suspendue.
Plus encore, l’adaptation technologique des logements n’est pertinente que si elle s’accompagne d’un développement du secteur des services à domicile. Or, l’Union nationale de l’aide, des soins et des services à domicile (UNA) alertait en avril 2025 sur le risque d’effondrement du secteur du fait d’un déséquilibre des aides publiques en faveur des EHPAD. Les chantiers restent donc nombreux pour faciliter le maintien à domicile des seniors ; c’est tout un secteur qu’il faut accompagner et financer pour assurer le bien-être d’une population vieillissante.
La clé : anticiper
En parallèle de ces transformations structurelles, une prise de conscience individuelle est nécessaire. Il faut sensibiliser les citoyens à leurs futurs besoins, car « trop souvent, on attend l’accident ou la chute pour commencer à rénover », déplore Jean-Christophe Villette. C’est tout le logement qui doit être repensé pour éviter ces chutes, dont plus de 10 000 s’avèrent mortelles chaque année. Les rénovations les plus fréquentes sont celles qui touchent à la salle de bain : 73% des travaux concernent cette pièce, avec notamment la transformation de la baignoire en une douche accessible aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR). La motorisation des volets, l’installation de rampes d’accès, le confort thermique et les dispositifs connectés qui préviennent automatiquement les secours en cas de chute sont autant d’outils essentiels pour réduire les risques quotidiens des seniors vivant à domicile.
Pour mieux se rendre compte de ce à quoi un logement adapté ressemble, Jean-Christophe Villette et Fabienne L’Haridon recommandent de visiter la Maison Bleue 41, un espace d’exposition ouvert à tous à Blois qui permet aux visiteurs de tester concrètement les solutions, aménagements et équipements qui rendent possible le maintien à domicile.
Les aides à disposition
Contrairement aux idées reçues, l’adaptation d’un logement peut s’avérer moins coûteuse que la prise en charge par un établissement spécialisé si elle est réalisée dans les bonnes conditions et avec les dispositifs d’aide financière prévus par le gouvernement.
L’aide principale est MaPrimeAdapt’, qui vise à favoriser le maintien à domicile des personnes en situation de handicap et des seniors. Ses critères d’éligibilité sont simplifiés : il suffit d’être âgé d’au moins 70 ans sans condition de perte d’autonomie, ou de 60 à 70 ans en cas de perte d’autonomie précoce ; pour les personnes en situation de handicap, aucun critère d’âge n’est requis. Le dispositif cible les personnes à revenus modestes et très modestes et vise à limiter le reste à charge via un financement incitatif de 50% pour les ménages modestes et de 70% pour les ménages très modestes. Après création du dossier en ligne, le bénéficiaire est accompagné par un Assistant Maîtrise d’Ouvrage (AMO) pour diagnostiquer son logement, ce qui permet l’attribution de l’aide.
Cette aide est cumulable avec des aides locales ainsi qu’avec l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), une aide départementale versée à toute personne de plus de 60 ans, quels que soient ses revenus, qui finance des prestations d’aide à domicile, le portage de repas, du matériel médical ou des prestations de téléassistance.