Mobilité

Voiture électrique : les objectifs de la nouvelle prime complémentaire

L’Etat met un nouveau coup d’accélérateur pour encourager la bascule des automobilistes français vers la mobilité électrique. Depuis le 1er octobre 2025, ceux-ci peuvent ainsi prétendre à une prime complémentaire de 1 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique. 

Voiture électrique : les objectifs de la nouvelle prime complémentaire

Dix ans. C’est en théorie le temps qu’il reste aux pays européens avant l’entrée en vigueur de l’interdiction, actée en 2023, de la vente de voitures neuves dotées d’un moteur thermique. L’objectif de cette réglementation qui fixe la fameuse date butoir de 2035 est d’accélérer le renouvellement du parc automobile de l’UE en substituant les véhicules thermiques par des véhicules 100 % électriques. Aujourd’hui contestée par les constructeurs automobiles européens, elle pourrait être assouplie sur décision de la Commission européenne, notamment en repoussant l’échéance pour les véhicules hybrides, qui dominent les ventes sur le Vieux Continent. 

Il n’empêche. À terme, l’horizon reste bien au tout-électrique. Car la décarbonation de la route est un enjeu de la plus haute importance dans la feuille de route climatique de l’Europe. À lui seul, le transport routier est en effet responsable de 20 % des émissions de CO2 dans l’UE. Or, le 100 % électrique est aujourd’hui la solution idoine pour réduire efficacement et rapidement ces émissions en parallèle d’une nécessaire décarbonation de la production d’électricité.

Emission dans l'UE
Source : Parlement européen

L’incontournable électrification du parc automobile

En France, où celle-ci est déjà largement décarbonée, les émissions d’une voiture électrique sont de l’ordre de 2 à 5 fois plus faibles que pour une voiture thermique, selon Aurélien Bigo, chercheur sur la transition énergétique des transports. Quant aux hybrides, réputées vertueuses, une étude de l’ICTT (International Council on Clean Transportation) rapporte que les modèles classiques (non-rechargeables) émettent seulement 20 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins sur l’ensemble du cycle de vie par rapport à une voiture essence équivalente. Sous certaines conditions, cette baisse peut atteindre -30 % dans le cas des hybrides rechargeables. Des performances sans commune mesure avec celles réalisées par les voitures 100 % électriques. D’après l’ICTT, en Europe, sur l’ensemble de son cycle de vie, une voiture électrique émet 73 % de CO2 en moins qu’un modèle essence

L’intérêt de l’électrique n’est donc plus à démontrer. S’il existe aujourd’hui d’importantes disparités, avec des pays comme la Suède ou le Danemark où l’électrification de la flotte avance vite, l’Europe n’avance pour l’heure qu’à pas feutrés dans sa transition vers la mobilité électrique. La France ne fait pas exception, souffrant d’un manque de dynamisme des ventes même si des signaux plus positifs sont apparus ces dernières semaines, notamment en septembre (+16,6 % d’immatriculations de véhicules particuliers et utilitaires 100 % électriques).

Voiture électrique : surmonter la barrière du prix 

Il faut dire que, dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, le coût des véhicules demeure un frein important à l’électrification du parc automobile français. Selon une étude OpinionWay pour Rexel sur la perception de l’électrification par les Français, 75 % des personnes interrogées invoquent le prix comme raison de ne pas posséder un véhicule électrique. Le besoin d’accompagnement en la matière, via un soutien à l’investissement des ménages, est donc très fort. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a lancé en 2023 un dispositif annuel de leasing social de voitures électriques. Très plébiscité mais limité, celui-ci permet à des foyers modestes d’avoir accès pour moins de 200 euros à une sélection de voitures électriques. 

En parallèle, l’Etat a revu sa politique de soutien financier à la mobilité bas-carbone. Le 1er juillet dernier, le bonus écologique créé en 2008 a ainsi tiré sa révérence pour faire place à la prime « coup de pouce véhicules particuliers électriques ». Désormais financée, tout comme le dispositif de leasing social, par les certificats d’économie d’énergie (CEE) et non plus avec le budget de l’Etat, la prime « coup de pouce » se chiffre à 4 200 euros d’aide pour les ménages modestes et à 3 100 euros pour les autres. 

Prime complémentaire de 1 000 euros, quels modèles éligibles ?

À cela, vient s’ajouter une nouvelle prime de 1 000 euros, disponible depuis le 1er octobre 2025 mais disponible pour un nombre restreint de véhicules. Sa particularité ? Cette prime cible spécifiquement les voitures particulières assemblées en Europe avec une batterie européenne, marquant une volonté claire de soutenir l’industrie automobile du continent face à la concurrence internationale. Une mesure inspirée des recommandations du rapport Draghi qui prônait la mise en place d’une « préférence européenne » avec des critères de valeur ajoutée européenne.

En cumulant les deux primes, les ménages peuvent ainsi prétendre à une aide pouvant se chiffrer jusqu’à 5 200 euros pour les plus modestes et jusqu’à 4 100 euros pour les autres. Selon les éléments communiqués par l’Ademe, les modèles éligibles incluent des véhicules Audi, Citroën, Fiat, Ford, Hyundai, Opel, Peugeot, Renault, Skoda et Volkswagen. À noter que de nombreux modèles grand public phare manquent à l’appel, notamment la Renault R5 ou la Peugeot e-208. Pour ces véhicules, l’origine européenne de la batterie ne peut en effet être systématiquement garantie. Par ailleurs, Volkswagen a annoncé de son côté que le montant de la surprime concernant les modèles éligibles de la marque s’élève à 1 400 euros. 

Une volonté de soutenir la souveraineté industrielle de l’Europe

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où de nombreuses usines de fabrication de batteries se sont implantées en France et en Europe. L’objectif de la prime de 1 000 euros est donc de les soutenir dans leur croissance, en incitant les constructeurs à s’approvisionner localement plutôt qu’à l’étranger. À la rentrée dernière, une communication gouvernementale qualifiait la relocalisation de la chaîne de valeur des véhicules électriques ainsi que le soutien à l’emploi industriel en Europe comme des objectifs clés. La stratégie derrière la mise en place de la surprime y était décrite comme « triple gagnante », puisque conjuguant pouvoir d’achat des ménages, transition écologique et souveraineté industrielle européenne.

Vous vous demandez comment l’industrie française peut-elle gagner en compétitivité ? Ne manquez pas le replay de la conférence panoramique exceptionnelle « Electrification, automatisation, digitalisation : les clés d’une industrie française compétitive » qui s’est tenue le 16 octobre dernier dans le cadre de RexelExpo, le grand événement 2025 de l’électrification. Une conférence animée par la journaliste Dorothée Martin en présence notamment de Luc Rémont, président d’honneur d’EDF. 

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Mag : La France électrique

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