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Plan Relance logement : Tout savoir sur la nouvelle stratégie du gouvernement

Un plan de réponse à la crise du logement a été annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu fin janvier pour encourager les particuliers à investir dans la pierre et soutenir la filière. Explications.

Plan Relance logement : Tout savoir sur la nouvelle stratégie du gouvernement

Il était attendu de pied ferme par le secteur du logement et du bâtiment, après la suppression du dispositif Pinel fin 2024 et plusieurs années d’une posture peu interventionniste du gouvernement sur la question. Alors que les loyers ont augmenté de 39 % en vingt ans pour une augmentation des revenus des ménages de 35 % sur la même période, le plan Relance logement annoncé par Sébastien Lecornu le 23 janvier vise le « choc d’offre » pour répondre à la crise.

Les objectifs sont pour le moins ambitieux : le plan vise la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, soit 400 000 logements construits par an. À titre de comparaison, près de 275 000 mises en chantier ont été recensées en 2025 (21,3 % de moins que la moyenne des 5 années précédentes). Avec Relance logement, le gouvernement ambitionne également, dès 2026, la construction de 50 000 logements locatifs dans le parc privé et 125 000 logements dans le parc social. 

Une incitation fiscale pour les particuliers

Pour atteindre ces objectifs, le plan Relance logement recourt à la création du statut de bailleur privé via le dispositif Jeanbrun (du nom du ministre du Logement Vincent Jeanbrun). Avec une mécanique différente, celui-ci s’apparente à une sorte de « nouveau Pinel », ce dispositif de défiscalisation qui avait pris fin le 31 décembre 2024 en raison d’une charge financière jugée trop lourde pour l’Etat. 

Avec le dispositif Jeanbrun, les avantages fiscaux sont ainsi prévus pour les ménages choisissant d’investir dans l’achat de logements. Des conditions sont requises : les logements acquis via ce dispositif doivent être loués pendant neuf ans pour un usage de résidence principale à des loyers minorés. La location du logement à un membre de sa famille est proscrite. 

Disponible pendant les trois prochaines années, le dispositif est ouvert à tous les particuliers souhaitant investir dans un logement locatif. Il concerne les logements situés dans des immeubles collectifs partout en France, qu’ils soient neufs ou anciens (à condition, dans ce deuxième cas, de réaliser des travaux d’au moins 30 % de la valeur du bien).

Le fonctionnement est simple : lorsqu’un ménage achète un appartement pour le mettre en location, il leur est offert la possibilité de déduire des revenus locatifs une partie du prix d’achat du bien. Mais aussi l’intégralité des charges liées à la location (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière). Au total, cela peut représenter jusqu’à 12 000 euros d’amortissement par an, et jusqu’à 10 700 euros de déduction des autres revenus.

Relancer la filière

Le plan Relance logement entend également accélérer la construction de logements en poursuivant la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme. C’est une nouvelle réjouissante pour le secteur immobilier, alors que la construction de logements connaît une crise grave ces dernières années, enregistrant une baisse de 33 % entre 2022 et 2024 (de 391 000 mises en chantier à 261 000). Malgré une légère reprise depuis, Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment, rappelait récemment que la filière du logement était « plus qu’inquiète, puisqu’[elle a] perdu 60 000 salariés en deux ans ». Interrogé sur le plan, il salue des « mesures très importantes et concrètes ».

Le gouvernement prévoit aussi d’accélérer la transformation des bureaux en logements et de faciliter les travaux de rénovation énergétique pour accélérer la remise sur le marché des logements classés F et G, les fameuses passoires thermiques interdites à la location (depuis 2025 pour les logements G et dès 2028 pour les logements F).

Un accent particulier est mis sur le rôle des élus locaux. Les maires qui en font la demande disposeront ainsi d’outils pour débloquer rapidement des projets de construction dans des territoires dynamiques. En parallèle, un projet de loi de décentralisation est prévu pour leur donner davantage de leviers d’action.

Enfin, le plan prévoit d’apporter un soutien financier aux bailleurs sociaux dans le budget 2026, une mesure bienvenue alors que 2,9 millions de ménages sont en attente d’un HLM. La présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère les organismes HLM, a ainsi salué la « lucidité » du gouvernement face à « la profondeur de la crise du logement [et] du ressentiment qu’elle provoque ».

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