Génie électrique

Fin de la 2G et de la 3G, fermeture du réseau cuivre : tout ce qu’il faut savoir

L’extinction progressive des réseaux 2G et 3G a commencé et devrait s’achever en 2029, tandis que le réseau cuivre sera définitivement fermé en 2030. Pourquoi cette extinction et quelles conséquences pour les électriciens ? Décryptage avec Adel Guediri, ingénieur « courant faibles »  à la FFIE. 

Fin de la 2G et de la 3G, fermeture du réseau cuivre : tout ce qu’il faut savoir

Clap de fin pour la  célèbre prise en T inversé, massivement déployée dans les années 1970 pour les téléphones fixes et utilisée à partir des années 2000 pour l’accès à Internet via les technologies haut débit. À partir de 2030, celle-ci deviendra tout simplement inutilisable, selon le calendrier annoncé par Orange, qui gère le réseau cuivre en France. 

En parallèle, les opérateurs mobiles ont annoncé à partir de 2022 leurs plans respectifs d’extinction de la 2G et de la 3G, après plusieurs décennies de service de ces technologies déployées respectivement en 1992 et 2004. L’objectif : un basculement total vers les réseaux 4G et 5G.

Une extinction inévitable ?

Adel Guediri, ingénieur « courants faibles » au sein de la Fédération Française des Ingénieurs Electriciens (FFIE), rappelle que l’extinction de la 2G et de la 3G d’une part, et la fermeture du réseau cuivre de l’autre, sont étroitement liées. « Le cuivre et la 2G/3G sont des technologies non seulement similaires dans leur ancienneté, mais elles dépendent l’une de l’autre : par exemple, la 2G utilise le cuivre pour transmettre les messages. » Or, les coûts de maintenance du réseau cuivre sont très élevés par rapport à ceux de la fibre optique, pour une consommation énergétique supérieure. « Un abonné en fibre optique consomme trois à quatre fois moins d’énergie qu’un abonné au réseau cuivre », souligne l’ingénieur, ce qui pousse à préférer la fibre.

Les enjeux de cybersécurité pèsent également dans cette décision. La 4G et la 5G offrent une sécurité renforcée, avec des protocoles de chiffrement avancés et une architecture réseau capable de résister aux menaces. Elles offrent également un meilleur débit. Au vu de toutes ces raisons, et de la très faible portion du trafic que représentent aujourd’hui la 2G et la 3G, maintenir ces réseaux n’était plus pertinent selon Adel Guediri : « l’extinction est devenue inévitable ».

Huit millions d’appareils concernés

La fermeture commerciale du réseau cuivre, initialement annoncée pour janvier 2026, est prolongée jusqu’en janvier 2027. La fermeture technique complète est prévue quant à elle pour fin 2030.

Pour ce qui est de l’extinction de la 2G et de la 3G, les calendriers varient d’un opérateur à l’autre, et ont subi des modifications. Les quatre opérateurs visent l’extinction de la 2G à la fin 2026. Pour ce qui est de la 3G, SFR, Free et Orange visent l’extinction fin 2028, et Bouygues annonce 2029.

Près de 8 millions d’appareils sont concernés par l’extinction de la 2G et de la 3G, dont 4 millions en 2G. Sans mise à jour ou remplacement, les téléphones portables n’étant pas compatibles avec les technologies 4G et 5G ne fonctionneront plus à ces dates, qu’il s’agisse de téléphones d’anciennes générations ou de « dumbphones », ces téléphones basiques qui ne proposent que l’envoi de SMS et les appels. 

Mais c’est aussi le cas de certains systèmes d’alarme connectés, de télésurveillance et téléassistance aux personnes âgées vivant à domicile, de pilotage du chauffage, des interphones et visiophones connectés, par exemple dans les ascenseurs. Dans un communiqué publié en octobre 2024, la Fédération des ascenseurs décomptait 232 000 systèmes de téléalarme connectés en 2G, soit un tiers des ascenseurs français. 

Ce vaste chantier de mutation ou de remplacement des appareils ne sera pas sans conséquences. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) reconnaît que le remplacement des terminaux et modules aura un coût environnemental, notamment en matière de ressources en métaux et terres rares, ce qui compense en partie les gains énergétiques.

Les électriciens mobilisés

Pour Adel Guediri, le rôle des électriciens est « d’accompagner la transition pour qu’elle soit la plus équitable possible ». « Le maître-mot est le partenariat avec les opérateurs téléphoniques », avance l’ingénieur. La FFIE collabore également avec des centres de formation pour développer les compétences techniques nécessaires à l’installation de la fibre.

Informer les clients et copropriétés des échéances et des risques, identifier les équipements connectés en 2G/3G dans les bâtiments, contacter les distributeurs ou les fabricants concernés, proposer des solutions compatibles LTE 4G/5G ou raccordées à des box Internet, planifier des interventions… Autant d’actions que les électriciens peuvent mettre en place pour anticiper. « Ce qui fait peur, c’est le manque d’information », résume Adel Guediri soulignant que « c’est là que les électriciens peuvent jouer un rôle, en communiquant avec leurs clients sur le sujet. »

La FFIE se veut rassurante sur les possibilités d’une transition sans accroc : « On ne va pas couper le cuivre sans solution de remplacement dans un ascenseur où les appels d’urgence sont encore passés via le cuivre ; si le feu vert est donné à l’installateur, c’est que les échéances ont été communiquées en amont ». La complémentarité des technologies permettra aussi de garantir la continuité de la couverture réseau, rappelle Adel Guediri : « dans les zones où le déploiement de la fibre est impossible pour des raisons de configuration du terrain, on installe des antennes 4G et 5G pour que le signal Internet puisse tout de même être délivré ».

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