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Maisons individuelles : jusqu’à 30 % d’économies d’énergie grâce à la domotique

Une étude parue à l’automne 2025, démontre que le pilotage intelligent global d’une maison permet bien d’importantes économies d’énergie en combinant différents postes de pilotage.

Maisons individuelles : jusqu’à 30 % d’économies d’énergie grâce à la domotique

Le défi de la transition énergétique se joue aussi à la maison : dans un contexte d’urgence climatique, des solutions sont cherchées afin de faire baisser les consommations énergétiques du logement. Or si l’on sait depuis quelques années que l’installation d’un thermostat connecté permet de réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 15 %, ces données n’avaient pas été actualisées alors que de nouvelles solutions de domotique existent. L’IGNES (l’Alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment) a ainsi confié une étude au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) afin de quantifier scientifiquement les gains énergétiques pour le pilotage global connecté d’une maison individuelle.

 

Quelque 1500 simulations ont ainsi été réalisées, pour une maison de 100m2, dans différentes configurations. « On a testé différentes typologies d’équipement, d’isolation et de ménages. C’était important pour tirer des conclusions générales. L’idée était d’avoir des chiffres qui reflètent mieux ce que les technologies d’aujourd’hui sont capables de faire », souligne Anne-Sophie Perrissin-Fabert, Déléguée générale de l’IGNES. Et elles font, d’après l’étude, bien mieux qu’auparavant. Celle-ci a d’ailleurs été réalisée « avec des hypothèses très conservatrices », ce qui veut dire que le gain « pourrait être supérieur en réalité, si l’usage est conforme aux hypothèses évidemment ».

 

Dans le détail, l’étude compare trois situations : une maison sans thermostat (chauffage permanent à 19°C), une maison avec thermostat programmable basique, et une maison avec système de pilotage connecté intégrant détection de présence, régulation pièce par pièce et auto-apprentissage des habitudes. C’est cette dernière configuration qui permet d’atteindre les économies d’énergie les plus significatives, avec une régulation d’une précision de 0,2°C pour les radiateurs électriques contre 1,8°C pour les systèmes traditionnels.

 

Combiner les solutions pour des économies d’énergie maximales 

Au-delà du thermostat, différents points de régulation peuvent être pilotés : « à la fois le chauffage, les protections solaires avec volets roulants, et le ballon d’eau chaude. C’est la combinaison de ces trois systèmes, avec la régulation pièce par pièce, qui nous permet d’obtenir ces résultats d’économies d’énergie jusqu’à 30 % », précise la déléguée générale. 

 

« Pour l’aspect chauffage, la gestion des protections solaires en hiver va permettre d’apporter des calories dans le logement, et donc limiter l’utilisation du chauffage », détaille Anne-Sophie Perrissin Fabert. On peut aussi piloter son chauffe-eau pour qu’il passe « en mode absence au-delà de plus de trois jours d’absence ». Si l’étude ne détaille pas le gain énergétique pour chaque type de pilotage, c’est bien « l’ensemble de ces solutions » qui permet d’aller jusqu’à 30 % d’économies

 

Sur le poste eau chaude sanitaire en particulier, les économies peuvent atteindre 28 à 31 % avec un chauffe-eau thermodynamique, grâce à l’abaissement de la température de consigne (de 65°C à 55°C) et l’arrêt automatique pendant les vacances. Pour la climatisation en zone chaude (zone climatique H3, regroupant tout le pourtour méditerranéen), la combinaison du pilotage intelligent et des volets roulants permet même d’atteindre 35 % d’économies. 

 

C’est logiquement dans les maisons anciennes non isolées (construites avant 1974) que les économies sont les plus fortes, mais dans les plus récentes et isolées (après 2012), le gain est loin d’être négligeable (de 7,5 à 16 % en valeur relative). Les économies d’énergie sont aussi réalisées indépendamment du climat et de la taille du ménage, pointe l’étude CSTB-IGNES, même si la consommation est par exemple moindre en hiver dans le Sud du pays que dans les régions plus septentrionales. 

 

Un meilleur confort thermique 

L’étude remarque aussi une amélioration significative du confort thermique, notamment en cas de forte chaleur : en simulation, l’inconfort thermique peut ainsi être diminué jusqu’à 50 % grâce aux protections solaires (volets roulants ou stores). « Si quelqu’un ferme ses volets en été quand la face du logement est ensoleillée, on observerait les mêmes résultats, mais en situation réelle, on change d’état plus d’une fois par jour donc le pilotage permet une gestion plus fine », remarque la déléguée générale. C’est d’autant plus vrai en hiver, où l’on allume et éteint rarement manuellement son chauffage plus d’une fois par jour. La solution de pilotage va permettre une gestion plus fine, indépendamment de notre présence dans le logement. 

 

À l’inverse, la détection pièce par pièce augmente l’inconfort au froid mais seulement durant un très court laps de temps. « En période hivernale, on va mettre une température d’ambiance dans la salle de travail, mais dans la chambre, on va baisser par exemple à 17 degrés. Donc il va y avoir potentiellement une petite sensation de froid quand on y rentre. Mais après, le système se remet en marche ». Au total, l’étude démontre que gérer pièce par pièce est bel et bien bénéfique. 

 

Un impact bénéfique sur les émissions de GES et sur les heures de consommation 

Même avec un système connecté (dont la production est émettrice de carbone), l’empreinte carbone est finalement réduite grâce aux économies d’énergie réalisées, conclut l’étude CSTB-IGNES. Environ 1 tonne de CO₂ serait économisée par an, selon les simulations, mais surtout pour les maisons anciennes car elles sont plus émettrices de carbone que les maisons isolées. « Dans tous les cas, on amortit complètement le produit, ce qui est rarissime dans tous les produits du bâtiment », affirme Anne-Sophie Perrissin-Fabert. Au-delà de « consommer moins », le pilotage connecté prépare aussi le « consommer mieux » : ces systèmes permettront demain de décaler automatiquement les consommations vers les heures où l’électricité est la moins chère et la plus décarbonée, sans effort de la part des occupants.

 

À retenir

Cette étude confirme que le pilotage connecté s’impose comme un levier essentiel de la transition énergétique résidentielle, particulièrement pour les millions de maisons anciennes encore non rénovées. Au-delà des économies immédiates, ces systèmes préparent l’adaptation au changement climatique (confort d’été) et l’intégration massive des énergies renouvelables dans le mix électrique. Un investissement qui répond donc simultanément aux défis énergétiques, climatiques et économiques du logement.

Pour aller plus loin : Découvrez en détail les résultats de l’étude CSTB / IGNES 

Le saviez-vous ? Au travers de la solution OPEN, Rexel propose une démarche globale d’optimisation et de pilotage énergétique adaptée notamment à l’habitat individuel.

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Mag : La France électrique

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