Génie électrique
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Coupe du monde de football 2026 : quel effet sur la consommation d’électricité ?

Extrêmement suivis, les matchs des Bleus lors des grandes compétitions internationales de football font varier la demande sans générer le moindre risque pour le réseau. 

Coupe du monde de football 2026 : quel effet sur la consommation d’électricité ?

C’est sans conteste l’événement sportif de l’année. Depuis le 11 juin dernier, la planète entière se passionne pour la 23e édition de la Coupe du monde masculine de football. La compétition organisée par la FIFA (Fédération internationale de football) et qui se déroule cette année en Amérique du Nord (États-Unis, Mexique et Canada) va d’ailleurs encore tenir en haleine ce large public jusqu’au 19 juillet. Ce soir-là, ils seront au moins 1 milliard à suivre la rencontre prévue entre les deux équipes finalistes au MetLife Stadium situé près de New York. 

 

En France, et ce n’est pas une surprise, les audiences télévisées témoignent de l’engouement collectif pour la compétition. Comme de coutume à chaque Mondial, des pics exceptionnels sont observés lors des matchs des Bleus. À titre d’exemple, la rencontre opposant la France au Sénégal a été suivie par près de 14,6 millions de téléspectateurs le 16 juin dernier sur les chaînes M6 et beIN Sports. Le même engouement a été constaté le 26 juin avec près de 13,7 millions de supporters recensés devant M6. 

 

Jusqu’à 30 millions de personnes devant les matchs de l’Équipe de France

Des scores impressionnants qui ne révèlent pourtant qu’une partie du potentiel d’audience des matchs de l’équipe de France lors des grandes compétitions internationales. En décembre 2022, la finale opposant les Bleus à l’Argentine avait ainsi rassemblé pas moins de 24 millions de personnes, avec un pic à près de 30 millions de téléspectateurs devant TF1, ce qui reste à ce jour le record d’audience historique de la télévision française. Autant dire que c’est une très large partie du pays qui bouscule ses habitudes à chaque étape clé du parcours de l’Équipe de France

 

C’est donc toute une partie de la population qui se rassemble rituellement devant un écran – le plus souvent, celui de la télévision – pour regarder les matchs de l’équipe nationale et qui n’a que très peu d’autres usages électriques pendant toute la durée de ces rencontres. RTE avait d’ailleurs communiqué à ce sujet suite à la demi-finale France-Maroc (près de 21 millions de téléspectateurs) lors du Mondial 2022

 

Le pic de la mi-temps… et de la fin de match

Qu’avait alors constaté le gestionnaire du réseau de transport d’électricité lors de ce match diffusé le 14 décembre 2022 à 20 heures ? La consommation avait d’abord baissé plus vite que d’habitude entre le coup d’envoi et la mi-match. « À la mi-temps, les Français reprennent leurs habitudes (lumière dans d’autres pièces, cuisson, etc.) et une reprise de la consommation d’environ 500 MW, soit l’équivalent de la consommation d’une ville comme Bordeaux, est observée avant de voir de nouveau la consommation s’infléchir plus vite que prévu à la reprise du jeu »  notait RTE. 

 

Sans surprise, le même rebond de +500 MW avait été constaté à la toute fin du match. Il n’avait toutefois fallu que 10 minutes pour que la consommation retrouve ensuite ses niveaux habituels. De même, le dimanche 18 décembre 2022, jour de la finale France-Argentine (diffusée en fin d’après-midi), le pic de la journée avait été atteint à midi et non lors de la plage horaire habituelle de début de soirée, durant laquelle des millions de personnes étaient encore devant un écran. Un bond de consommation (+1000 MW) avait toutefois bien été enregistré entre 19 h (fin du match) et 19 h 30. 

 

Évolution de la consommation d'électricité en France en après-midi et en début de soirée du dimanche 18 décembre 2022, jour de diffusion de la finale du Mondial de football opposant la France à l'Argentine. Crédit : RTE.

Des mouvements de consommation inhabituels pour le réseau qui ne sont toutefois pas de nature à gêner la gestion de RTE. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité avait en effet pris soin de préciser que ses dispatcheurs (les aiguilleurs qui ajustent en permanence la répartition des flux électriques sur le réseau) « sont préparés aux variations de la consommation attendues pendant ce type d’événement et savent les gérer ». Traduction : ces circonstances exceptionnelles ne provoquent aucun risque pour la sécurité d’approvisionnement en électricité

 

Des variations à gérer mais pas d’explosion de la demande 

Il convient d’ailleurs de préciser que si ces événements peuvent entraîner des variations brusques mais prévisibles de la consommation, ils ne sont pas de nature à générer des pics records. Ce sont les périodes de grand froid qui provoquent en général ces derniers en France. Le record historique (un pic à 102 000 MW) avait d’ailleurs été atteint en février 2012 lors de la dernière grande vague de froid observée dans le pays et qui n’a connu aucun équivalent depuis. 

 

Le contexte dans lequel se déroule ce Mondial 2026 est légèrement différent. Cette édition de la compétition sportive la plus regardée de la planète se tient en été et dans un contexte caniculaire persistant tandis que la précédente avait été programmée en plein hiver. En l’absence de l’utilisation du chauffage, la demande en électricité est beaucoup plus faible en été, d’autant plus que la diffusion des matchs des Bleus est souvent tardive. Ce qui n’empêche pas d’observer des variations lors des matchs de l’Équipe de France. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, la consommation avait ainsi rebondi à 1 h 15 du matin, soit juste après la fin du match opposant la France à la Suède. 

 

En Grande-Bretagne, l’impact des bouilloires 

Si tout cela demande un peu d’adaptation à RTE, l’affaire est un peu plus subtile de l’autre côté de la Manche en raison d’un particularisme culturel : à chaque mi-temps, de nombreux Britanniques, qui sont tout autant mordus de football que les Français, se rendent dans leur cuisine pour… faire bouillir de l’eau. Pour ceux qui ne se rendent pas dans des pubs, la mi-match est en effet souvent l’occasion de préparer du thé, boisson qui relève d’une institution culturelle en Grande-Bretagne. Conséquence : les variations de consommation sont bien plus importantes qu’en France. En amont de la compétition, la NESO (National Energy System Operator), équivalent britannique de RTE, avait annoncé s’attendre à une hausse de la demande de +800 MW pour le match d’ouverture de l’Angleterre contre la Croatie.

 

Ce qui reste bien loin du record observé lors de la demi-finale de 1990 opposant l’Angleterre à l’Allemagne de l’Ouest. L’opérateur britannique note qu’un pénalty manqué lors de la séance de tirs au but avait « entraîné une surtension de 2 800 MW, soit l’équivalent de la consommation simultanée de plus d’un million de bouilloires ». Sur l’ensemble de la compétition, la NESO anticipe une surconsommation de +18 GW par rapport au Mondial 2022. Le régulateur britannique se félicite par ailleurs de noter que « grâce à des téléviseurs et des appareils plus performants, la Grande-Bretagne pourrait consommer environ 20 % d’électricité en moins pour regarder les matchs qu’en 1998 ». 

 

Quoi qu’il arrive, l’Angleterre n’a pas fini de faire chauffer ses téléviseurs et ses bouilloires. Après une victoire tonitruante contre le Mexique, l’équipe nationale a désormais rendez-vous en quart de finale. De quoi offrir de nouvelles émotions à ses supporters… et un peu de tension supplémentaire pour le réseau. 

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