
- Énergies renouvelables
- 7 min.
Le media
de l’électrification
À la tête d’un marketing élargi chez Rexel France, Claire-Sophie Haas conduit une transformation en profondeur depuis trois ans. Recentrage sur la valeur client, montée en puissance du digital, refonte de la marque et ambitions fortes sur la transition énergétique : la CMO détaille sa feuille de route pour permettre à Rexel d’atteindre les 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2028.
Vous avez pris la tête du département marketing/ communication chez Rexel France en 2022. Quel changement stratégique majeur avez-vous impulsé depuis ?
Claire-Sophie Haas : En arrivant, j’ai hérité d’un périmètre marketing élargi, intégrant les équipes en charge du pricing, de l’offre produit, du e-commerce, du marketing opérationnel, et de la communication. L’enjeu était double : simplifier les organisations et accélérer la structuration sur l’ensemble de ces métiers.
Sur le plan du marketing et du branding, notre priorité a été claire : remettre la valeur client au centre de nos démarches. Historiquement, Rexel était très orienté produit, comme beaucoup de distributeurs. Nous n’utilisions pas assez la donnée client, ce qui limitait notre capacité à bien comprendre leurs besoins pour mieux y répondre. L’un de nos grands chantiers a donc été d’enrichir notre connaissance client et de mieux exploiter les données, notamment via notre plateforme e-commerce.
Nous avons travaillé à une personnalisation accrue, à un meilleur suivi des KPI et à une approche véritablement omnicanale. Nos trois canaux – e-commerce, agences et centre de relation client – ont tous été intégrés dans cette logique. Nous avons sensibilisé l’ensemble des équipes à l’importance de la donnée client, à la connaissance fine de leurs attentes, pour un ciblage plus pertinent.
Un autre axe structurant a été la refonte de notre plateforme de marque. Rexel bénéficie d’une image très positive auprès de ses clients, mais qui restait trop discrète. Nous avons souhaité mettre en lumière les atouts de l’entreprise, qui va bien au-delà du rôle traditionnel de distributeur. Nous avons redéfini notre vision et notre raison d’être : accompagner nos clients – des artisans aux grands groupes – dans l’alliance entre performance économique et responsabilité, notamment autour des enjeux d’efficacité énergétique. L’objectif était clair : passer d’une logique produits/services à une approche solutions, avec une offre agnostique sur des sujets tels que l’efficacité énergétique, pour s’adapter à une clientèle très diverse en taille et en besoins.
Quels sont les enjeux actuels du secteur et vos objectifs prioritaires ?
C.H. : L’un des enjeux majeurs aujourd’hui est l’efficacité énergétique. L’explosion des coûts de l’énergie touche toutes les typologies de bâtiments – hôpitaux, écoles, sites industriels – et appelle une meilleure maîtrise des consommations. Ce contexte transforme profondément le marché.
Chez Rexel, nous sommes au coeur des solutions d’électrification : panneaux solaires, bornes de recharge pour véhicules électriques, micro data centers en milieu industriel, gestion technique du bâtiment (GTB)… Tous ces leviers participent à cette transition énergétique.
Nos trois marchés principaux (résidentiel, tertiaire et industriel) sont très différents, avec des enjeux spécifiques. L’habitat concerne des bâtiments résidentiels ; le tertiaire, des bureaux, hôpitaux ou collectivités ; et l’industrie, des sites complexes avec parkings, toitures, mais aussi des problématiques liées au process industriel. Nous accompagnons nos clients sur chacun de ces fronts.
Chez Rexel, nous sommes au coeur des solutions d'électrification : panneaux solaires, bornes de recharge pour véhicules électriques, micro data centers en milieu industriel, gestion technique du bâtiment (GTB)... Tous ces leviers participent à cette transition énergétique.
Claire-Sophie Haas
Directrice Marketing et Communication de Rexel France
Quelles sont vos ambitions de croissance ?
C.H. : Nous avons des objectifs de croissance forts, en particulier sur la partie digitale. Nous visons 50 % de digital dans le chiffre d’affaires global du groupe d’ici 2028, et 45 % pour Rexel France. En parallèle, notre ambition en France est d’atteindre 300 millions d’euros supplémentaires à horizon 2028. Nous réalisons actuellement 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France et ambitionnons donc de franchir la barre des 4 milliards d’ici quelques années.
Vous venez de publier le magazine La France électrique. Pourquoi cette initiative et à qui s'adresse-t-elle ?
C.H. : Ce magazine est à la fois un outil de réflexion stratégique et de prise de parole sur notre responsabilité, notamment sociétale et environnementale. Il synthétise notre positionnement, notre vision et notre volonté d’influencer positivement le secteur. Il a donc pour objectif de positionner Rexel au coeur de la filière électrique. EDF, RTE ou Engie sont bien identifiés, tout comme les artisans sur le terrain. Mais Rexel, en tant qu’acteur structurant de cette filière, restait trop méconnu.
Nous jouons un rôle essentiel d’accompagnement, notamment auprès des artisans, et il nous semblait important de mieux faire comprendre notre contribution à la transition énergétique des territoires. Il est distribué à nos collaborateurs, nos parties prenanteset il est bien sûr consultable en ligne sur notre site Courant Positif.
Ce site vient justement d'être lancé. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C.H. : Nous avons développé ce site corporate en complément de notre site e-commerce. Il met en valeur nos temps forts comme le Tour de France, mais aussi RexelExpo, un événement organisé en octobre, rassemblant clients et fournisseurs de la filière. Sur le plan éditorial, Courant Positif, que nous animons avec le média L’ADN, propose des contenus de fond sur la ville de demain, l’urbanisme, la transition énergétique… Ces réflexions et décrytages sont partagés avec notre écosystème. Rexel compte plus de 180 000 clients actifs chaque année. Nous avons donc la capacité d’engager un dialogue riche et de faire monter les professionnels en compétences sur les sujets liés à l’énergie.
Depuis 2023, Rexel est partenaire du Tour de France. Pourquoi ce choix ? Et quel dispositif avez-vous prévu pour l'édition 2025 ?
C.H. : Cette initiative s’est imposée naturellement après le travail mené sur notre plateforme de marque. Le Tour de France porte lui aussi des enjeux liés à l’électrification, qu’il s’agisse des flottes de véhicules, des besoins en infrastructures, ou de l’implication des collectivités traversées.
Nous partageons donc une vision commune autour de la transformation des territoires. Rexel, avec ses 500 agences réparties sur l’ensemble de l’Hexagone, est très ancré localement. Ce partenariat nous permet de sensibiliser les collectivités aux défis de la transition énergétique – mobilité, efficacité énergétique, nouvelles énergies – et de renforcer notre rôle d’accompagnateur et de prescripteur dans cette dynamique.
Quel dispositif avez-vous mis en place cette année pour le Tour de France ?
C.H. : Cette année, nous avons deux volets principaux. D’un côté, notre partenariat renforcé avec ASO (organisateur du Tour) nous permet d’engager des discussions plus approfondies avec les collectivités locales.
De l’autre, nous poursuivons notre communication sur l’électrification, avec un plan média solide autour du Tour. Nous avons diffusé un spot sur France 2 pendant toute la durée de l’événement, axé sur nos valeurs communes avec l’évènement. Nous avons aussi produit des spots radio géolocalisés, ciblant nos clients B2B, notamment les artisans, en les invitant à visiter les agences Rexel situées sur le parcours. Ce dispositif est complété par des activations digitales, du print et une websérie relayée sur notre média propriétaire Courant Positif. Chaque épisode de cette série est lié à une ville-étape et met en avant un projet concret d’électrification : rénovation de l’éclairage de la gare de Lille, implémentation d’un dispositif de pilotage de la consommation énergétique d’une clinique à Toulouse, installation d’une ombrière photovoltaïque sur le parking de la piscine municipale à Lons… L’objectif est d’illustrer, très concrètement, comment nous contribuons à cette transition énergétique au quotidien.
Vous avez des cibles très variées, "de l'artisan aux grands groupes", comme vous l'avez précisé. Quels canaux utilisez-vous pour les toucher efficacement ?
C.H. : Nous avons des canaux digitaux performants. Sur le plan technique, nous avons fortement investi dans le SEA, avec un niveau de ciblage qui optimise notre ROI. Aujourd’hui, environ 35 % du trafic de notre site provient du SEA. Plus récemment, nous avons beaucoup travaillé le SEO : enrichissement des fiches produits, contenu éditorial…
Nous nous préparons aussi à adresser le sujet du GEO (référencement dans les grands modèles de langage), via notamment des articles de presse et des avis clients. Pour cela, nous développons un outil communautaire qui permettra à nos clients de partager leur retour d’expérience sur un produit, comme le montage ou l’utilisation. Ce contenu généré par les utilisateurs est précieux pour le GEO, et nourrit aussi des dynamiques d’entraide déjà bien établies dans le B2B.
En permettant ainsi à vos clients de devenir des micro-ambassadeurs ?
C.H. : Exactement. Ce sont des communautés très actives. Par exemple, si vous achetez une machine chez Darty, vous pouvez trouver des réponses de clients sur la manière de l’installer. Nous voulons créer le même type d’interactions, avec une dimension plus technique propre au B2B.
En parallèle, nous travaillons notre CRM : plus de campagnes emailing, développement du canal SMS et bientôt WhatsApp. L’objectif est de multiplier les points de contact et de personnaliser les messages. Nous repensons aussi notre programme de fidélité, historiquement centré sur les gros clients, pour le rendre plus équilibré. Il faut pouvoir toucher efficacement un spectre très large de clients, du grand groupe jusqu’à l’artisan avec un ou deux salariés. Leurs besoins, leurs habitudes d’achat, leurs usages de l’information sont très différents. D’où notre volonté d’ affiner notre ciblage.
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