Transition énergétique

Conduire la transition.

L’électrification est en train de transformer l’économie française, dans les grands groupes mais aussi auprès des artisans électriciens. Pour beaucoup d’entreprises, c’est un défi mais surtout une opportunité de croissance : nouveaux marchés, nouveaux métiers, nouvelles façons de s’implanter dans les territoires et de relancer le tissu industriel français. »

 

Cet épisode inaugural réunit Thomas MOREAU, Président de Rexel France, Agnès PANNIER-RUNACHER, ancienne ministre de la Transition écologique et députée de la 2ème circonscription du Pas-de-Calais, Benoît COQUART, Directeur général de Legrand et Président de la FIEEC, Myriam MAESTRONI, entrepreneuse et investisseuse, spécialiste de l’énergie.

L’électrification, un enjeu de souveraineté et de compétitivité

Nos intervenants s’accordent sur un point central : la France n’a pas de réserves de fossiles (99% du gaz et du pétrole importés). L’électrification n’est donc pas un choix idéologique mais un impératif économique et souverain. À chaque tension géopolitique (Ukraine, Moyen-Orient), la dépendance aux fossiles fragilise directement la compétitivité française.

Atout majeur : l’électricité française est 7% moins chère que chez ses voisins européens en moyenne, et même 40 à 80% moins chère qu’en Allemagne ou en Italie sur les prix spot en 2025.

La filière électrique française est présentée comme un écosystème mondial unique : Schneider, Legrand, Rexel, EDF, Engie, Vinci, Eiffage… soit 800 000 emplois, plus de deux fois l’industrie automobile.

La réalité terrain pour les PME et industriels

  • L’énergie représente entre 3% et 40% des coûts de compétitivité selon les secteurs industriels.
  • 75% des dirigeants de PME considèrent l’électrification comme un enjeu critique… mais seulement 5 à 10% ont réalisé un diagnostic énergétique.
  • Les freins sont souvent cognitifs plutôt que réels : ceux qui ont basculé (pompe à chaleur, voiture électrique, presse électrique) sont bien plus satisfaits que les sceptiques.

Des gains concrets existent et sont déjà accessibles :

  • Remplacement de l’éclairage : jusqu’à 70% d’économies
  • Remplacement des systèmes CVC : 40-50% d’économies
  • GTB (Gestion Technique des Bâtiments) : finançable à 30-50% via les C2E

Le noeud du problème : la fiscalité et l’instabilité

Benoît Coquart soulève un paradoxe fort, aussitôt appuyé par Agnès Pannier-Runacher : la taxe (accise) sur l’électricité est 2,5 fois supérieure à celle sur le gaz. Autrement dit, l’État taxe davantage une énergie produite en France avec des emplois français qu’un gaz importé de pays non-alliés. Un « vase communicant » fiscal est souhaité par la filière.

L’autre frein majeur est l’instabilité des aides publiques (MaPrimeRénov’, bonus électrique, C2E) : les règles changent trop souvent, empêchant les PME de planifier leurs investissements sur 3 à 5 ans.

Le Pacte « Équipe de France de l’électrification »

Le 26 mai dernier, à l’Élysée, la filière électrique (fabricants, distributeurs, installateurs, énergéticiens) a signé ce pacte. Premier bilan : un signal fort, avec des mesures sur les pompes à chaleur et les véhicules électriques, sans coût budgétaire direct ni passage par le Parlement. La filière appelle désormais une étape 2 avec des mesures plus structurantes, notamment fiscales.

Propositions et solutions concrètes

  • Leasing de pompes à chaleur et de véhicules électriques pour réduire le risque perçu
  • Diagnostics énergétiques systématiques (Rexel s’y engage avec une promesse de résultats : -30% sur la facture)
  • Approche étape par étape plutôt que tout-ou-rien
  • Interopérabilité des équipements pour optimiser le système électrique global (enjeu des bornes de recharge notamment)
  • IA et data (Linky, Gaspar) pour des feuilles de route personnalisées et une gestion pilotée de l’énergie

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Mag : La France électrique

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