Transition énergétique
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Nouvelle version de MaPrimeRénov’ : quels changements au 1er septembre ?

Le dispositif d’aide à la rénovation énergétique va subir son vingtième remaniement à la rentrée. Désireux d’encourager la rénovation globale, le gouvernement délaisse les mono-gestes. Un changement de cap qui suscite la colère de la filière. 

Nouvelle version de MaPrimeRénov’ : quels changements au 1er septembre ?

L’heure n’est toujours pas à la stabilité pour MaPrimeRénov’. À rebours des demandes des acteurs du secteur de la rénovation énergétique, agacés par d’incessants revirements réglementaires, le gouvernement s’apprête à revoir une fois encore les modalités du dispositif. Un décret et un arrêté dans ce sens ont ainsi été présentés au Conseil national de l’Habitat (CNH) le 2 juillet. L’entrée en vigueur des modifications est, elle, prévue pour le mois de septembre. 

 

Mais de quelle nature sont ces nouveaux changements ? Très concrètement, ce sont les aides à la rénovation dites « monogeste » qui sont spécifiquement concernées. Ces travaux réalisés de façon isolée vont donc faire l’objet d’un nouveau coup de rabot et il s’annonce particulièrement sévère. 

 

Pour le gouvernement, la rénovation globale avant tout

Seront ainsi désormais exclus de la liste des travaux éligibles les rénovations par geste suivantes  : 

  • l’installation de poêles fonctionnant au bois ou à granulés ; 
  • l’installation d’équipements de chauffage ou de fourniture d’eau chaude sanitaire fonctionnant au solaire thermique (sauf en Outre-mer) ; 
  • les travaux d’isolation ciblés (toit, combles et changement des fenêtres) ;
  • l’équipement en systèmes de ventilation ;
  • l’installation de pompes à chaleur dédiées à la production d’eau chaude sanitaire. 

 

Il est à noter que ces travaux resteront subventionnés dans le cadre d’une rénovation globale, dont le ciblage a été resserré sur les foyers les plus modestes qui vivent dans des passoires énergétiques. « On fait le choix et le pari de renforcer le financement de l’isolation globale et des travaux de rénovation globale du logement et on finance un peu moins le ‘mono-geste’ (…) L’idée c’est de dire que quand on fait des travaux dans un logement, on rénove de fond en comble, on fait l’isolation, le chauffage, les fenêtres etc. »  a expliqué Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, le 29 juin sur LCP


Les « mono-gestes » ne disparaissent donc pas mais sont réduits à portion congrue. L’installation de pompes à chaleur dont la finalité est la production de chauffage, le raccordement à un réseau de production de chaleur ou de froid, la dépose d’une cuve à fioul ou encore l’audit énergétique restent ainsi éligibles en rénovation par geste. Selon Le Parisien, leur financement pourrait toutefois évoluer et être transféré du budget de l’Etat vers les certificats d’économie d’énergie (CEE). Un point qui reste à confirmer.

 

Une mesure purement budgétaire ? 

Alors que le budget de l’Etat est particulièrement contraint, le gouvernement se défend de vouloir faire des économies. S’il reconnaît qu’il est inenvisageable d’ « augmenter les enveloppes de MaPrimeRénov’ », qui n’a cessé de faire l’objet de tours de vis, Vincent Jeanbrun souligne que « le budget 2026 de MaPrimeRénov’ a été maintenu ». Il affirme en outre que le seul sujet pour le gouvernement est de « favoriser la rénovation globale »  pour « faire en sorte que le parc de logements en France transitionne dans le bon sens ». Le ministre a par ailleurs assuré travailler à mettre en place « un parcours qui permettrait de phaser la rénovation » en ouvrant par exemple la possibilité « de ne pas tout faire la première année et d’étaler le paiement ». Une mesure destinée notamment à renforcer l’attractivité de la rénovation globale pour les ménages modestes.  

 

Cet énième remaniement de MaPrimeRénov’ ne devrait, quoi qu’il en soit, pas profiter à la lisibilité du dispositif. Lequel a par exemple subi un « stop and go » (« stopper et repartir ») permanent durant plusieurs mois entre sa suspension à l’été 2025 puis sa brève réouverture à la rentrée dans une mouture resserrée qui a été à son tour suspendue début 2026 faute de budget avant de revenir fin février avec de nouvelles règles. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la filière se réjouir de ces nouvelles évolutions. 

 

La filière de la rénovation énergétique vent debout contre ce coup de rabot

La CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) a d’ailleurs rapidement fait part de son mécontentement. Dans un communiqué de presse, l’organisation professionnelle évoque « un coup dur pour les ménages et les entreprises artisanales du bâtiment »  et « une incompréhension totale ». « Le pire ennemi de la rénovation, ce n’est pas le monogeste. C’est l’absence de travaux. Si l’on demande aux Français de tout faire d’un coup, beaucoup renonceront tout simplement à rénover leur logement. Il faut leur permettre d’entrer dans la rénovation par un premier geste utile, puis de poursuivre dans le temps » observe Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.

 

« Privilégier le remplacement des systèmes de chauffage sans permettre aux ménages d’améliorer d’abord l’enveloppe de leur logement est une approche contre-productive. Une pompe à chaleur installée dans une habitation mal isolée verra ses performances réduites et sa consommation énergétique augmenter. La bonne politique publique n’est pas de choisir entre équipements et enveloppe : elle est de financer la bonne combinaison de gestes, dans le bon ordre, selon les caractéristiques du logement » estime l’organisation représentative de l’ensemble des entreprises du bâtiment. 

 

MaPrimeRénov’ : vingtième changement en 3 ans ! 

Sans surprise, la CAPEB demande au gouvernement de renoncer à son projet et de « préserver un parcours de rénovation progressif, conciliant efficacité énergétique, adaptation au changement climatique, maîtrise des finances publiques et pouvoir d’achat des Français ». La FFB (Fédération Française du Bâtiment) a également fait part de son exaspération, accusant le gouvernement de « renoncer à la rénovation énergétique ». « Cette décision mettra également en difficulté des milliers d’artisans et entrepreneurs du bâtiment qui subissent, pour la vingtième fois en trois ans, un changement de cap sur MaPrimeRénov’ » s’étrangle la fédération. 

 

C’est donc peu dire que la décision du gouvernement passe mal, à fortiori au moment où la France se remet d’un épisode caniculaire historique qui a mis en exergue l’important retard du pays en matière de rénovation énergétique des bâtiments. « En pleine canicule, je trouve cette annonce uniquement budgétaire (…) Elle n’est pas dans l’intérêt des Français. C’est un scandale climatique » assène Jean-Christophe Repon de la CAPEB. Face à une telle fronde, reste maintenant à voir si le gouvernement est ouvert à l’idée de revoir sa copie.



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