- Transition énergétique
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Le média
de l’électrification
Une nouvelle étude (FIEEC/Ifop) démontre une adhésion forte de la population à l’électrification des usages. Des freins sont néanmoins encore à lever tandis que le travail de pédagogie apparaît comme plus indispensable que jamais.
En octobre 2025, une étude OpinionWay pour Rexel révélait qu’un important travail de pédagogie restait à faire pour aider l’électrification à se faire connaître des Français. En effet, seuls 25 % des sondés affirmaient avoir déjà entendu ou lu le terme « électrification des usages » et ils n’étaient que 9 % à en connaître précisément la signification. Quelques mois plus tard, force est de constater que le contexte a changé et que l’électrification a changé de dimension dans l’imaginaire collectif.
Longtemps dévolus aux seuls initiés, le terme s’est répandu dans les médias et dans les discours politiques au cours des derniers mois. Un tournant qui a eu lieu dans le sillage du choc pétrolier généré par le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Cette nouvelle crise a en effet précipité la communication du gouvernement français sur le thème de la souveraineté énergétique.
Au début du printemps et parallèlement à la mobilisation de nombreux acteurs, dont EDF, le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi présenté un plan national d’électrification. Quelques semaines plus tard, c’est Emmanuel Macron qui a réuni à l’Elysée des acteurs de premier plan de la transition énergétique, dont le groupe Rexel, pour entériner leur participation à « l’équipe de France de l’électrification » et signer toute une série de pactes avec les différentes filières représentées.
Force est donc de constater que l’électrification des usages a connu un coup de projecteur sans précédent, permettant ainsi à une part grandissante de la population de se familiariser avec ces enjeux. La FIEEC (Fédération des Industries Électriques et Numériques) a justement voulu prendre la température sur la manière dont les Français perçoivent l’électrification. À l’occasion de la deuxième réunion de « l’Équipe de France de l’électrification », organisée le 7 juillet à Paris autour de Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Energie, la fédération a donc dévoilé les résultats d’une nouvelle enquête d’opinion.
Menée début juin par l’Ifop auprès d’un échantillon de 1000 personnes, l’étude révèle des résultats très prometteurs qui viennent largement confirmer ceux que Rexel France avait pu recueillir en fin d’année dernière. Il apparaît en effet que les Français adhèrent largement à l’électrification des usages. Ils sont ainsi 62 % à estimer qu’il s’agit d’une bonne chose tandis qu’ils ne sont que 16 % à penser l’inverse. A noter toutefois qu’ils sont plus de 2 sur 10 à ne pas savoir se prononcer, ce qui traduit, comme l’avait souligné l’enquête Rexel/ OpinionWay à l’automne dernier, un besoin persistant de communication et de pédagogie.
Autre élément particulièrement encourageant : ce sont les Français déjà équipés en solutions électriques qui sont les plus favorables à l’électrification. C’est le cas par exemple de 94 % des conducteurs de véhicules 100 % électriques et de 76 % des détenteurs d’un climatiseur réversible (PAC air-air). Pour autant, les publics non équipés ne manifestent pas d’hostilité de principe. 55 % des foyers chauffés au bois ou aux énergies fossiles sont ainsi favorables à l’électrification, tout comme 57 % des conducteurs de véhicules thermiques.
Dans le détail des solutions, le radiateur électrique convainc essentiellement d’un point de vue économique et de confort d’usage. Concernant la pompe à chaleur (PAC), ses utilisateurs sont les premiers à en percevoir les bénéfices. 80 % des détenteurs de PAC (vs. 57 % dans le reste de la population) estiment ainsi qu’elle permet de gagner en confort dans le logement Parmi ceux qui possèdent une PAC, ils sont par ailleurs 75 % à estimer qu’elle permet de faire de véritables économies (vs. 52 % dans le reste de la population). 7 % seulement des personnes équipées ne savent pas se prononcer sur le gain de confort (vs. 34 % en moyenne).
Concernant le véhicule électrique (VE), c’est sans surprise le terrain le plus clivé. Si 6 Français sur 10 reconnaissent que les VE permettent de faire des économies à l’usage par rapport à une voiture thermique, deux freins importants demeurent. 81 % des sondés considèrent que les véhicules électriques sont nettement plus chers à l’achat. Et ils sont quasiment aussi nombreux (79 %) à juger que l’autonomie est insuffisante. À noter également que 60 % estiment qu’il est difficile de trouver des bornes de recharge.
Qu’en pensent ceux qui sont déjà passés à l’électrique ? L’étude note que « la pratique concrète provoque un plébiscite total et renforce la perception positive des véhicules électriques tandis que les détenteurs de véhicules thermiques sont encore nourris de préjugés négatifs ». En effet, parmi ces derniers, ils ne sont que 6 sur 10 à reconnaître que la recharge permet de faire des économies.
Enfin, la FIEEC a également voulu tester la perception du pilotage intelligent. Il ressort de l’étude que les Français n’y sont pas du tout réfractaires. Au contraire, 70 % sont favorables à ce que leurs équipements électriques s’activent automatiquement aux heures les moins chères, sous leur contrôle et avec leur accord. Là encore, les publics déjà équipés de solutions électriques sont les plus enthousiastes (83 % des détenteurs d’un climatiseur réversible et 79 % des conducteurs de VE 100 % électriques). Par ailleurs, 6 sondés sur 10 se disent favorables à ce que leur fournisseur d’électricité puisse transmettre, avec leur accord, leurs tarifs d’électricité au système de pilotage destiné à les accompagner pour baisser leur facture.
Pour la FIEEC, il y a en définitive un enseignement majeur à retenir de l’étude : « il faut mieux expliquer, mieux démontrer et mieux communiquer ». Si les résultats sont globalement positifs, la fédération observe malgré tout que « de nombreux Français restent insuffisamment informés et hésitent davantage lorsqu’ils ne connaissent pas les équipements ou n’en ont pas l’expérience directe ». L’organisation en vient logiquement à ce constat : « la bataille de l’acceptabilité se joue aussi sur le terrain de la pédagogie ». « Notre responsabilité collective est maintenant de lever les derniers freins, d’accélérer le déploiement des équipements électriques et de mieux informer pour faire reculer les idées reçues » conclut Benoît Coquart, président de la FIEEC.
Stay tuned ! Découvrez très prochainement Le Courant Passe, la nouvelle série audio signée Rexel France et ne manquez pas l’épisode inaugural dédié aux enjeux de l’électrification pour les petites et moyennes entreprises. Avec la participation de Thomas Moreau, président de Rexel France, Agnès Pannier-Runacher, députée et ex-ministre de la Transition énergétique, Benoît Coquart, directeur général de Legrand et président de la FIEEC et Myriam Maestroni, présidente-fondatrice d’e5t.