Une aide désormais concentrée sur les ménages modestes
Pour contenir les dépenses, l’État a donc décidé de réserver l’aide aux foyers les plus modestes. Jusqu’au 31 décembre 2025, seuls les ménages très modestes peuvent ainsi déposer un dossier en priorité, soit ceux qui gagnent moins de 48 914 € pour quatre personnes en Île-de-France, ou moins de 35 285 € en province.
Les ménages modestes, avec des plafonds de 59 549 € en Île-de-France et 45 234 € en province, peuvent aussi tenter leur chance, mais leur dossier ne sera accepté que s’il reste des places disponibles. Tous les autres foyers, aux revenus intermédiaires ou supérieurs, sont exclus jusqu’au 1er janvier 2026. Enfin, seuls les propriétaires occupants peuvent actuellement bénéficier de l’aide, les bailleurs restant écartés.
Des aides réduites et un reste à charge plus élevé
Au-delà des critères de revenus, le dispositif impose également un filtrage drastique sur la performance énergétique des logements. Depuis septembre, seuls les logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) peuvent prétendre à MaPrimeRénov’. Les logements classés D et C sont désormais exclus. L’objectif est clair : concentrer les aides sur les passoires thermiques, particulièrement énergivores et progressivement interdites à la location.
Mais le resserrement ne s’arrête pas là : c’est le montant même de l’aide qui diminue. La suppression du bonus de sortie de passoire, qui représentait 10 % du montant des travaux, combinée à l’abaissement des plafonds de travaux subventionnables, modifie profondément l’équation financière pour les propriétaires. Désormais, le plafond s’élève à 30 000 € pour un gain de deux classes énergétiques, et à 40 000 € pour trois classes ou plus, contre 70 000 € auparavant.
Quels travaux sont concernés ?
Malgré ce resserrement des critères d’éligibilité et la baisse des montants d’aide, le périmètre des travaux éligibles reste large. MaPrimeRénov’ continue de couvrir les rénovations ambitieuses, sous réserve d’un gain d’au moins deux classes énergétiques et d’au moins deux interventions d’isolation thermique : isolation des combles, murs, toiture-terrasse, double vitrage, remplacement de chauffage carboné par un système non-polluant (chauffe-eau thermodynamique, VMC double flux, dépose de cuve à fioul, etc.).
Néanmoins, à partir de janvier prochain, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne seront plus éligibles au parcours par geste. Les autres travaux, comme l’isolation des combles ou les poêles biomasse, restent pris en charge. Les taux d’aide devraient se stabiliser jusqu’au 31 décembre 2026 selon la répartition suivante : 80 % pour les ménages très modestes, 60 % pour les modestes, 45 % pour les intermédiaires et 10 % pour les revenus supérieurs.
Conseils pratiques pour les propriétaires
Pour optimiser son projet :
- Déposer son dossier rapidement si vous êtes éligible en 2025, surtout pour les travaux exclus à partir de 2026.
- Vérifier votre éligibilité et estimer le montant de l’aide via les simulateurs en ligne ou avec un conseiller France Rénov’.
- Anticiper le reste à charge et comparer les coûts si votre logement ne rentre pas dans les critères actuels.
Malgré ce durcissement des conditions, MaPrimeRénov’ demeure un levier financier non négligeable pour qui parvient à en bénéficier. Mais la fenêtre de tir se réduit drastiquement : avec seulement 13 000 dossiers acceptés d’ici fin 2025, la course contre la montre est engagée.