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Lancé en 2000 à l’initiative de Kofi Annan, le Pacte mondial des Nations Unies (Global Compact) est une initiative d’engagement volontaire à destination des entreprises du monde entier. L’objectif est de leur permettre d’aligner leurs opérations et leurs stratégies sur 10 principes dans les domaines des droits de l’homme, du travail ou encore de l’environnement.
Encourager les entreprises à s’engager par elles-mêmes à devenir plus responsables et alignées avec les valeurs universelles portées par les Nations Unies. C’est la raison d’être du Pacte mondial des Nations Unies, créé par Kofi Annan, l’illustre secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006 considéré comme le père de la RSE moderne. Cette initiative lancée dès 1999 puis officiellement créée en juillet 2000, s’inscrivait dans la logique poursuivie par M. Annan de renforcer la participation de la société civile aux Nations Unies et d’ouvrir ainsi la vénérable organisation à d’autres partenaires que les Etats.
« Les grandes sociétés sont des acteurs extrêmement puissants sur la scène mondiale. Elles ont un impact majeur, non seulement sur l’économie internationale, mais aussi sur la société, sur l’environnement et sur la politique. Mon raisonnement consiste à dire que ces sociétés doivent aussi avoir un code de conduite, qu’elles doivent assumer leurs responsabilités civiques » avait à l’époque déclaré ce réformateur dans l’âme.
Mais en quoi consiste ce Global Compact dont on considère qu’il a posé les jalons de l’ESG (sigle international utilisé depuis 2004 pour désigner les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance qui constituent généralement les trois piliers de l’analyse extra-financière) ? Concrètement, le Pacte mondial des Nations Unies est articulé autour d’une charte de principes relatifs aux droits humains, aux normes internationales du travail, à l’environnement et à la lutte contre la corruption.
Les 10 grands principes universels du Pacte mondial de l’ONU
Des PME aux multinationales, plus de 23 000 entreprises implantées dans plus de 160 pays sont aujourd’hui impliquées dans le Global Compact. Désormais reconnu comme la plus grande initiative mondiale en matière de développement durable des entreprises, il se décline dans une centaine de pays à travers des réseaux nationaux et multinationaux. Indépendants et autogérés, leur mission est d’accompagner les entreprises locales dans la mise en œuvre des principes du Pacte et l’appropriation des 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. A date, les deux derniers réseaux à avoir été mis en place sont ceux du Rwanda et de l’Angola, lancés en mai 2026.
Historiquement, la France a fait partie des premiers pays à soutenir la démarche onusienne à l’initiative de Jacques Chirac et de son conseiller Jérôme Monod. Le réseau France du Pacte mondial des Nations Unies a ainsi vu le jour dès 2003. En quelques mois, quelque 250 entreprises tricolores avaient rejoint l’initiative. Elles sont aujourd’hui près de 2400, dont 1400 PME (petites et moyennes entreprises), 700 ETI (entreprises de taille intermédiaire) et environ 200 grandes entreprises, associées à 100 organisations à but non lucratif, ce qui fait de la France le premier réseau mondial du Pacte. Formé sous le statut d’association loi de 1901, le réseau est piloté par un conseil d’administration, dont les membres issus du monde de l’entreprise sont élus pour un mandat de six ans.
Récemment en partie renouvelé, le conseil d’administration doit nécessairement être paritaire et composé de représentants qui reflètent la diversité des membres du réseau (grands groupes, PME, ETI, organisation à but non lucratif…) et expriment un engagement fort de leur entreprise en faveur de la RSE. Parmi les différents membres actuels, on compte ainsi des administrateurs issus du groupe Rexel, de l’AFNOR, de Bureau Veritas, de Legrand, du MEDEF, d’une ETI comme Addev Materials, du groupe de PME Jean Henaff, ou encore du groupe Orange.
Les administrateurs ont notamment dans leur prérogative l’élection du président d’un bureau en charge de la gestion quotidienne de l’association et de la coordination de l’équipe interne permanente. Le 2 juin 2026, au cours de l’assemblée générale annuelle de l’association, c’est Guillaume Texier, CEO du groupe Rexel, qui a été élu président du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France. Il prend ainsi la succession de Florent Menegaux, PDG du groupe Michelin. Les deux hommes seront d’ailleurs prochainement réunis pour donner leur vision de l’entreprise responsable à l’occasion d’un épisode du nouveau podcast de Rexel en cours de production.
Suite à son élection, Guillaume Texier a fait part de sa volonté de s’inscrire dans la continuité du travail engagé par Florent Menegaux « avec la conviction que le rôle des entreprises dans la transformation économique et environnementale est en train de changer de nature : il ne s’agit plus seulement de s’engager mais d’intégrer ces enjeux au coeur même de leurs modèles ». Le dirigeant de Rexel a poursuivi en expliquant que « les pratiques portées par les membres (du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France) », comme la sobriété énergétique, la transformation des chaînes d’approvisionnement ou les innovations industrielles, prouvent que les changements sont déjà à l’œuvre.
Guillaume Texier en a ainsi profité pour dévoiler sa priorité : « amplifier ce mouvement, renforcer l’impact du réseau auprès des grandes entreprises et donner aux PME et ETI des outils concrets pour entrer dans cette dynamique ». « Premier réseau mondial du Pacte, nous avons la responsabilité d’être à la hauteur » a indiqué celui qui sera assisté et suppléé dans sa tâche par Céline Coulibre-Duménil, directrice RSE du groupe Rexel.
Dans les prochaines années, le réseau France du Pacte mondial des Nations Unies va en particulier se consacrer à poursuivre son plan de stratégie 2024-2030, pensé autour de 4 axes : informer, outiller, mobiliser et influencer. Parmi différents dispositifs mis en place, le Pacte propose ainsi un programme fournisseurs durables, des ateliers de sensibilisation aux ODD (Objectifs de développement durable), une plateforme de ressources RSE, des sessions sur le devoir de vigilance, ou encore un accélérateur qui accompagne les PME dans la structuration de leur démarche RSE.