Transition énergétique
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« Équipe de France de l’électrification » : la filière électrique s’engage auprès de l’État à travers un pacte inédit

Près d’une centaine de dirigeants d’entreprise et une quarantaine de représentants d’organisations professionnelles de l’énergie, des transports ou du bâtiment se sont retrouvés à l’Elysée pour formaliser leurs engagements en faveur de l’électrification.

« Équipe de France de l’électrification » : la filière électrique s’engage auprès de l’État à travers un pacte inédit

Un mois après le dévoilement du plan national en 22 mesures porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron s’implique à son tour dans la mobilisation politique visant à accélérer l’électrification en France. Le chef de l’État a rassemblé mardi 26 mai à l’Elysée ce qu’il appelle « l’équipe de France de l’électrification », composée de tous les acteurs de l’écosystème, des grandes entreprises aux représentants d’organisations professionnelles de nombreuses filières, étaient ainsi invités à se réunir dans le cadre de cet événement auquel de nombreux ministres ont également participé. 

 

Dans un discours-fleuve, Emmanuel Macron a estimé que le plan d’électrification, dénommé « Électrifions la France », est « avant tout un grand plan industriel » qui « embarque 6000 entreprises et va créer ou pérenniser plus de 600 000 emplois ». L’électrification a été présentée comme « une formidable opportunité pour notre pays (…) de créer des emplois non délocalisables, de protéger le pouvoir d’achat des Français, de renforcer notre indépendance énergétique et de positionner la France comme leader mondial des technologies vertes  ». Le chef de l’Etat a également rappelé l’un des enjeux clés de cette mobilisation : « rendre (…) le passage à l’électrique naturel et désirable » auprès des Français. 

 

Mobilisation générale autour du chef de l’État 

À travers leur présence à cet événement, tous les participants, des fournisseurs d’électricité aux constructeurs automobiles, ont eu l’occasion de montrer leur détermination à participer à l’élan collectif. Un certain nombre d’entre eux en a aussi profité pour faire des annonces. Tout un volet concerne par exemple la fourniture d’électricité avec des engagements pris par certains énergéticiens, dont EDF, Engie et TotalEnergies, à proposer de nouvelles offres moins onéreuses. 

 

En parallèle, les filières ont également pris des engagements auprès de l’Etat à travers la signature de plusieurs pactes. Paraphé notamment par Coédis*, dont Rexel France est un membre actif, l’UFE (Union Française de l’Électricité), la FIEEC (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication), la FFB (Fédération Française du Bâtiment) ou encore Uniclima (groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques), le premier pacte , intégrateurs-électriciens, plombiers-chauffagistes et artisans du secteur : c’est tout l’écosystème des forces vives de l’électrification qui se dit déterminé à « agir rapidement dans les territoires pour parvenir aux objectifs fixés par les pouvoirs publics ». 

 

Le pacte de « l’équipe de France de l’électrification »  

Du côté des industriels, ceux-ci s’engagent, si la demande est au rendez-vous, à produire 1 million de pompes à chaleur à horizon 2027/2030 (incluant PAC air/eau, géothermiques et chauffe-eau thermodynamiques) mais également à doubler la production locale de radiateurs électriques dès 2027 et celle des prises renforcées et bornes pour la recharge individuelle des véhicules électriques d’ici à 2030. Les engagements portent aussi sur un renforcement de la production de disjoncteurs et coffrets électriques pour les travaux induits par l’électrification des usages dans les bâtiments. 

 

La filière promet également de « s’appuyer sur l’expertise et la connaissance métier des plus de 400 000 femmes et hommes qui (…) rendent concrète la transition électrique dans l’industrie, les transports, le tertiaire et le résidentiel ». Les centaines de milliers d’entreprises et TPE artisanales du bâtiment sont ainsi citées comme un maillon essentiel capable de « relever le défi de la décarbonation grâce à des offres et des solutions de proximité adaptées aux besoins des clients, à leur capacité d’équipement et à la réalisation des travaux, en lien avec l’ensemble des acteurs de la filière ». 

 

« La deuxième grande électrification de la France n’est plus une option »

La question clé du besoin de main d’oeuvre dans le secteur est abordée avec l’objectif énoncé de « préserver, développer et transmettre les savoir-faire de la filière, tout en renforçant l’attractivité de ses métiers et de ses emplois », avec un ciblage particulier du vivier de talents que représentent les jeunes et les personnes en reconversion professionnelle. Les signataires du pacte entendent également lever les freins dans les territoires en mettant « l’expertise de la filière professionnelle au service d’une électrification sécurisée, durable et compétitive ».

 

Enfin, la problématique de la fraude, qui avait été l’un des motifs invoqués lors de la suspension de MaPrimeRenov’ à l’été 2025, n’a pas été oubliée. La filière s’engage ainsi à « contribuer à identifier les cas de fraude et de non-conformité » et à « lutter avec la plus grande fermeté contre les mauvaises pratiques, afin de garantir la confiance, la sécurité et une concurrence loyale ». 

 

« La deuxième grande électrification de la France n’est plus une option » concluent les signataires, soucieux de réaffirmer « l’importance stratégique de la filière électrique française pour la réussite du plan d’électrification et leur volonté d’agir collectivement aux côtés des pouvoirs publics ». Une profession de foi complétée par trois autres pactes. La filière industrielle des entreprises des réseaux électriques (FIERE) s’est ainsi engagée à poursuivre ses efforts d’investissement et de recrutement. De Thermor à Sauter en passant par Atlantic, Bosch, Saunier Duval ou encore Mitsubishi Electric, la filière de la pompe à chaleur a, elle, promis de répondre à l’objectif gouvernemental de production de 1 million de pompes à chaleur, estimant que l’effort permettra de créer 41 000 emplois d’ici à 2030. 

 

Enfin, le dernier pacte rassemble les acteurs de la recharge. Ceux-ci ont pris auprès de l’Etat une série d’engagements clés, qui portent notamment sur le déploiement de 1 million de bornes en copropriété à horizon 2035 et de 60 000 nouveaux points de charge rapides et ultra-rapides accessibles publiquement d’ici 2030.. 

 

Un plan réjouissant mais une grave menace sur le financement de la transition énergétique

En définitive, la mobilisation de la sphère privée aux côtés des pouvoirs publics constitue sans nul doute une bonne nouvelle pour l’électrification en France. Néanmoins, le ciel pourrait vite s’assombrir. En effet, plusieurs responsables politiques ont récemment remis sur la table le sujet de la suppression des CEE (certificats d’économie d’énergie). Une proposition de loi en ce sens, cosignée par une dizaine de députés, a même été déposée à l’Assemblée nationale en avril dernier. Une perspective jugée très inquiétante par le secteur, alors que le gouvernement a fait des CEE la pierre angulaire du financement de son plan d’électrification

 

Dans une tribune collective parue le 23 mai, 20 dirigeants de grandes entreprises françaises de l’électrification sonnent l’alerte : « Non, la France ne peut pas se permettre de renoncer à l’un des rares outils capables de financer, à grande échelle, la transition énergétique » écrivent ainsi les signataires. Lesquels rappellent que les CEE représentent désormais plus de 8 milliards d’euros indolores pour le budget de l’Etat et qui sont « accessibles aux Français » pour financer leurs investissements verts comme l’installation d’une pompe à chaleur ou l’acquisition d’un véhicule électrique

 

Volontariste, le secteur appelle à ne pas tout gâcher 

S’ils reconnaissent que le dispositif des CEE peut être amélioré, les dirigeants du secteur mettent en garde contre les « excès du débat politique »  et appellent à la concertation afin d’éviter une décision délétère qui nuirait au pouvoir d’achat des Français ainsi qu’aux objectifs climatiques et à la souveraineté énergétique du pays. « La France a besoin d’un plan stable, puissant, dédié à l’électrification et aux économies d’énergie (…) Concentrons-nous désormais sur l’action et sur les projets concrets qui vont se multiplier partout dans notre pays, qui en a les moyens et la capacité – grâce à nos champions mondiaux de l’électricité -, et désormais la volonté partagée » concluent les dirigeants, entre autres, de Rexel, Legrand, Somfy, Atlantic ou Prysmian. 

* Créée en janvier 2022 suite à la fusion de la Fédération des Distributeurs de Matériel Électrique (FDME) et de la Fédération des Négociants en Appareils sanitaires, chauffage, climatisation et canalisation (FNAS), Coédis est l’organisation représentative de l’ensemble des entreprises de la distribution professionnelle spécialisée dans l’approvisionnement au second œuvre du bâtiment résidentiel, tertiaire, industrie. Ses 400 entreprises fournissent à plus de 200 000 professionnels du bâtiment les produits, services et équipements nécessaires à leurs activités d’installation, du neuf, de la rénovation, notamment en génie climatique, électricité, sanitaire, plomberie et chauffage.

 

 

Crédits photo : © Élysée

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